La pandémie a fait reculer le français en Ontario

ÉMILIE PELLETIER

Initiative de journalisme local — Le Droit

TORONTO — La vie en français est devenue pratiquement impossible en Ontario en raison de la COVID-19, déplore le président de l’Assemblée de la francophonie de l’Ontario, Carol Jolin, qui décrit un fort recul de la francophonie dans la province.

« Avec la pandémie, la francophonie en Ontario a très certainement reculé. »

C’est le portrait que brosse Carol Jolin, qui soutient que les organismes francophones n’ont pas été en mesure de demeurer aussi actifs et engagés dans leurs communautés depuis l’arrivée de la COVID-19.

Les grands et les petits organismes francophones se sont succédé, au printemps, en annulant leurs événements qui devaient rassembler les Franco-Ontariens, comme les festivals et les spectacles ainsi que les barbecues et les concours de tourtières.

La disparition de ces rassemblements, qui offrent souvent à plusieurs francophones et francophiles une rare occasion de vivre en français en Ontario, a mis un frein au progrès, juge M. Jolin.

Jusqu’à 40 des 300 organismes qui ont répondu au dernier sondage mené par l’AFO ont indiqué qu’ils pourraient disparaître d’ici les Fêtes.

Chaque fois qu’un organisme disparaît, la communauté qu’il soutenait se fragilise parce qu’elle se bat seule, relate le président de l’Assemblée.

« Ça pave la voie vers l’assimilation. »

Il craint aussi que ce déclin du fait français en Ontario puisse inciter des gens à renoncer à leurs services.

« Par exemple, au niveau des garderies, est-ce qu’on a des parents francophones qui ont transféré leurs enfants dans des garderies anglophones ? »

Le président de l'AFO Carol Jolin

PATRICK WOODBURY, ARCHIVES LE DROIT

Néanmoins, M. Jolin est confiant : « ce recul, on va le rattraper ».

Il souligne que les Ontariens ont hâte de pouvoir recommencer à vivre leur vie en français.

C’est pourquoi l’AFO a fait « énormément de lobbying » auprès du gouvernement ontarien pour obtenir des fonds de stabilisation et pour s’assurer que les organismes puissent « faire vibrer les communautés comme ils le faisaient avant » tout en participant à la relance économique.

Par ailleurs, un comité qui regroupe entre autres l’AFO et le ministère des Affaires francophones se penche actuellement sur les répercussions de la COVID-19 sur les organismes francophones.

Rappelons que le gouvernement ontarien a octroyé 1 million $ pour reconduire son Programme d’appui à la francophonie ontarienne (PAFO), qui vise à soutenir les organismes qui desservent la communauté francophone.

Dans la région, trois organismes d’Ottawa et deux de l’Est ontarien ont été choisis dans le cadre de ce programme pour recevoir un financement.

Il existe aussi un nouveau Fonds provincial de secours de 2 millions $ sur deux ans pour les organismes francophones sans but lucratif, créé en réponse à la crise sanitaire.

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  • Date de création 7 décembre, 2020
  • Dernière mise à jour 7 décembre, 2020
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