La COVID-19 toujours à l’ordre du jour à l’Assemblée législative de l’Î.-P.-É.

Dans une semaine monopolisée par la présentation du budget, l’Assemblée législative de l’Île-du-Prince-Édouard a tout de même adopté un projet de loi. Le ministre de l’Éducation a annoncé le retour des enfants en classe pour septembre.

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Laurent Rigaux

Initiative de journalisme local − APF – Atlantique

Le projet de loi du gouvernement sur les conditions de travail a été adopté mardi dernier. Il protège les employés qui doivent quitter leur emploi en raison d’une urgence sanitaire. Après un congé (non payé), ils pourront reprendre leur poste avec les mêmes avantages. La mesure est rétroactive au 16 mars.

Le projet de loi sur les mesures d’urgence, qui avait provoqué quelques remous la semaine dernière alors que l’opposition reprochait au gouvernement de vouloir des pouvoirs trop exceptionnels, a été réréfé à un comité permanent chargé d’examiner les impacts sur la législation. Le ministre de la Justice, Bloyce Thompson, a soutenu la motion du Parti vert demandant ce renvoi, souhaitant que le comité «travaille rapidement, pour être prêt pour une seconde vague de COVID-19». Tous les libéraux ont voté contre.

Enfin, un autre projet de loi du gouvernement a été débattu. Il modifie la loi sur la Santé publique. Ce texte prévoit notamment la possibilité de «confiner» quelqu'un qui ne se soumet pas à un ordre «concernant une maladie transmissible» dans un établissement ou un lieu «autre qu'un établissement de santé». Le ministre de la Santé et du Mieux-être, James Aylward, évoque la possibilité d'utiliser des hôtels pour le confinement. La détention, décidée par les services de la médecin hygiéniste en chef, Heather Morrison, serait limitée à 72 heures en attendant une décision d’un tribunal. Le projet de loi donne globalement des pouvoirs supplémentaires à la médecin hygiéniste, pouvoirs qu'elle a en ce moment sous l'état d’urgence (possibilités de stopper les véhicules aux points d'entrée, de demander des informations sur la provenance et la destination, de restreindre les déplacements, etc.).

Les résidents saisonniers font toujours débat

Mardi dernier, Heather Morrison a laissé entendre, lors de son point de presse quotidien, que les demandes d’accès des résidents saisonniers originaires de l’Ontario et du Québec n’avaient pas encore été traitées. Il aura fallu à peine quelques heures pour que les concernés réagissent sur les réseaux sociaux pour souligner qu’ils étaient déjà acceptés, certains arrivant dès samedi 20 juin. Le leader de l’opposition officielle a profité de la brèche pour réattaquer le gouvernement sur sa communication, lui demandant «comment il comptait regagner la confiance des Insulaires». Le premier ministre Dennis King n’a pas apprécié  ces critiques, accusant Peter Bevan-Baker de «semer la peur» et de jouer un jeu politique avec une rhétorique «incendiaire».

De nombreux résidents saisonniers craignent en effet la réaction de certains Insulaires, quand ils seront sortis d’auto-isolement et circuleront dans l’Île avec une plaque ontarienne ou québécoise. «Nous devons nous souvenir qui nous sommes, a déclaré Dennis King. Le leader de l’opposition a été une inspiration pour moi et pour les Insulaires en élevant le débat. Ses commentaires sont bas et décevants. J’espère que sa position va changer.»

Le premier ministre a aussi indiqué que le plafond de 500 arrivées par semaine n’était pas atteint : sur 1 600 demandes reçues, 800 ont déjà été approuvées, 342 personnes sont arrivées la semaine dernière, 175 arriveront cette semaine. Les arrivées sont limitées afin de pouvoir contrôler l’auto-isolement.

Certains voient plus loin que le bout de leur bulle

Depuis des semaines, le premier ministre affirme que son objectif est d’avoir une «bulle Atlantique» à compter du début juillet. Son homologue néo-écossais, Stephen McNeil, semble voir plus loin, en annonçant vouloir ouvrir sa province à tout le pays dès la mi-juillet. Dennis King refuse d’envisager cette option avant d’en avoir parlé avec la médecin hygiéniste en chef. «Si nous avons une bulle Atlantique, il faudra prendre plusieurs semaines pour voir les impacts, a ajouté le premier ministre. Mais pour être honnête, si les provinces voisines s’ouvrent au reste du pays, ce sera difficile pour nous de faire le tri aux frontières.»

Les élèves de retour en classe en septembre

Interrogé à plusieurs reprises lors des périodes  de questions, le ministre de l’Éducation Brad Trivers a confirmé que le retour en classe à l’automne était «le plan n° 1». Les détails ne sont pas encore connus, mais le nombre d’élèves par classe sera limité pour que les groupes soient séparés en tout temps et pour faciliter la recherche de contacts, en cas de nouvelle éclosion de COVID-19. Le ministre a ajouté que les classes seraient «aussi grandes que possible» : «On devra peut-être embaucher des enseignants et chercher des espaces supplémentaires. Mais nous n’envisageons pas d’horaires décalés.»

Il a en outre annoncé qu’un plan d’urgence serait en place si la pandémie redémarre, tout en restant prudent sur les annonces : «S’il y a des malades à Souris, peut être qu’on fermera les écoles à Souris. Si c’est dans toute l’île, c’est différent.»

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PHOTOS : (incluant titre de la photo, légende et crédit du photographe ou courtoisie)

 

Toutes les photos : Laurent Rigaux

Trivers : Le ministre de l’Éducation Brad Trivers a annoncé qu’un plan serait présenté fin septembre pour le retour des enfants à l’école en septembre.

King : Le premier ministre Dennis King s’est dit «très déçu» des critiques de l’opposition sur la venue des résidents saisonniers, lui reprochant de «semer la peur».

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  • Date de création 20 juin, 2020
  • Dernière mise à jour 20 juin, 2020
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