Joanne et Rhéal Caissie n’hésitent pas à diversifier leurs opérations

La pandémie force les propriétaires d'entreprises et de commerces à s’adapter de multiples façons. Pour Joanne et Rhéal Caissie propriétaires des entreprises Brew Chez Nous et Les Vins culinaires, de Shédiac, le plus gros défi a été l’approvisionnement. «Nous ne pouvions recevoir nos trousses de vins du Québec, de l’Ontario et d’ailleurs, explique Joanne. Tout le monde a été affecté par cette pandémie et de plus les clients ne pouvaient plus venir ici pour embouteiller leur vin.»

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Claire Lanteigne

Initiative de journalisme local – APF – Atlantique

Très créatif, le couple a encouragé sa clientèle à adopter le vinier (bag in a box). Une telle trousse est composée de cinq boîtes et nécessite moins de manutention que l’embouteillage. Le couple fourni gratuitement les sacs et les boîtes, car il estime que de la clientèle n’y est pour rien. La pratique est devenue très populaire.

«Nous avons été très occupés, mais pas bien occupés, souligne Joanne. Nous n’avions jamais connu le manque de produits de nos fournisseurs au cours de nos 18 années en affaires et jamais on croyait que ça arriverait.» Ils ont réalisé qu’il valait mieux s’adapter car tout a changé énormément, comme le fait que  beaucoup de gens placent leur commande en ligne.

L’entreprise n’a jamais fermé ses portes puisqu’il y avait du vin en fermentation dont il fallait s’occuper, sans compter les clients qui avaient fait des commandes. Les amateurs de vin sont toujours au rendez-vous et la priorité de Rhéal et Joanne Caissie est de les satisfaire. L’entreprise a même sa propre marque «Brew Chez Nous». Depuis ses débuts, le couple peut compter sur une bonne clientèle tant locale que des régions avoisinantes. Et ça roule à pleine vapeur. «Environ 75 % de notre clientèle est composé de gens à la retraite, précise Rhéal. Beaucoup de personnes âgées faisaient leur vin dans leur maison, mais après l’avoir vendue, ils ont moins d’espace et c’est assez lourd à manutentionner.»

«De plus, ajoute Joanne, nous manquons beaucoup le contact direct avec nos clients. On jasait, on se tenait au courant des nouvelles et on avait beaucoup plus d’interaction; c’était notre social.»

Leur autre compagnie, Les Vins Culinaires, n’a pas connu le même succès puisque la majorité de leurs clients venaient du secteur de la restauration et ceux-ci ont dû fermer leurs portes. Ils n’ont donc rien acheté. «Nos ventes ont chuté dramatiquement et nous avons vraiment souffert dans ce secteur et ce n’est pas évident quand ça reprendra», fait valoir Joanne.

Désinfectant pour les mains

Puis, le couple a entendu dire qu’il manquait de désinfectant pour les mains un peu partout. Ils se sont informés des règlements et des ingrédients requis pour en fabriquer. Leur permis d’alcool et l’équipement à l’usine des vins culinaires leur a permis de s’aventurer dans ce domaine. «Notre production de la première semaine a été vendue en un rien de temps, au DSS de Shédiac et à Ottawa», poursuit-elle. Il leur a fallu un permis pour expédier le produit qui est considéré dangereux et ce ne sont pas toutes les compagnies qui en font le transport.

Est venu ensuite le problème d’approvisionnement de peroxyde à 3 %. Le couple avait cependant un permis d’explosifs commerciaux pour faire des feux d’artifices; ils ont donc pu se procurer du peroxyde à 30 % et même plus et le manier pour confectionner la bonne solution. Autre problème : l’approvisionnement de bouteilles. «Nous avons le format personnel et le format commercial et c’est encore très difficile de trouver les bouteilles», dit Joanne.

«Faire du désinfectant à main nous fait sentir qu’on contribue notre petite part à contrer les effets du virus, ajoute Rhéal. Ça nous aide à nous débarrasser de nos restes d’alcool.» Un certain pourcentage doit toujours être jeté et c’est ce qu’on utilise pour faire le désinfectant. Selon Rhéal, les gens ne voient pas encore toute l’importance du désinfectant, mais il croit que ce sera probablement différent s’il y a une deuxième vague du virus.

Une distillerie devait ouvrir cet été pour les touristes, mais c’est maintenant remis à un an ou deux après. «Ça fait partie de notre histoire, mentionne Joanne. Nous voulons être créatifs, toujours aller de l’avant avec des nouveautés et nous aurons des produits intéressants à offrir. Nous sommes encore icitte après 18 ans, alors c’est un bon signe.»

Le couple fait également des feux d’artifices depuis quatre ans, mais de ce côté, tout s’est arrêté. Peu auront lieu cet cet été, sauf peut-être pour des petits regroupements, quand ce sera permis.

Le couple Caissie ne manque pas d’idées de projets.  Mais ils sont conscients qu’il faut maintenant faire les choses différemment. Joanne et Rhéal se voient en affaires pour au moins un autre dix ans, car c’est facile de voir qu’ils sont passionnés et qu'ils aiment encore ce qu'ils font.

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Photos :

Joanne et une variété de bouteilles de désinfectant pour les mains. (Photo : C. Lanteigne)

Les Vins culinaires était choisie l’entreprise émergente de l’année 2014 par la Chambre de commerce du Grand Shédiac. On reconnaît Rhéal et Joanne en compagnie de Ron Cormier, président de l’organisme. (Photo : Studio Sormany)

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  • Date de création 8 juin, 2020
  • Dernière mise à jour 8 juin, 2020
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