Iqaluit en soutien à Black Lives Matter

Plus de 200 personnes se sont rassemblées à Iqaluit le 5 juin dernier pour une manifestation pacifique contre le racisme.
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Alexandre Michaud
Initiative de journalisme local – APF – Territoires

Organisée par la Nunavut Black History Society, la manifestation avait pour but d’appeler les leaders politiques du Nunavut à prendre des mesures décisives contre le racisme dans le territoire.

« C’est le début d’une plus importante conversation à ce sujet », explique Murielle Jassinthe, du comité organisateur de la Nunavut Black History Society. « Nous demandons des actions concrètes aux dirigeants à ce sujet. »

Un cri de cœur 

La manifestation représentait un appel à l’action pour soutenir Black Lives Matter, un mouvement qui a pris énormément d’ampleur après le meurtre de George Floyd, un homme noir tué par un policier de Minneapolis qui s’est agenouillé sur son cou pendant 8 minutes et 46 secondes.

La vidéo de l’arrestation et du meurtre de George Floyd est rapidement devenue virale.  Les voix se sont élevées partout dans le monde contre la violence policière, particulièrement à l’égard des Noirs. Plusieurs manifestations ont eu lieu aux États-Unis, demandant une réforme des instances policières. Ce mouvement s’est également répandu à l’international, notamment au Canada, où les relations entre la Gendarmerie Royale du Canada (GRC) et les personnes racisées sont encore tendues. C’est dans cet élan qu’a eu lieu la manifestation à Iqaluit, réunissant plus de 200 personnes.

Entre midi et 13 h, les manifestants se sont rassemblés à l’intersection Four Corners où ils se sont agenouillés en silence, à la mémoire de George Floyd, pendant exactement 8 minutes et 46 secondes. Les manifestants ont par la suite pris marche vers l’Assemblée législative du Nunavut, demandant au premier ministre Joe Savikataaq et aux membres de l’Assemblée des réformes gouvernementales contre le racisme dans le territoire. La marche pacifique s’est terminée devant le bâtiment de la GRC où ceux qui désiraient s’adresser au public et partager leurs expériences pouvaient le faire.

Indigenous Lives Matter

La manifestation a aussi fait place aux Inuits qui, comme les Canadiens noirs, dénoncent les abus de violence fréquents de la GRC au Nunavut. La manifestation a d’ailleurs donné l’occasion de revenir sur l’arrestation particulièrement agressive d’un homme à Kinngait qui a eu lieu il y a quelques semaines.

L’homme en question, dont le nom n’a pas été dévoilé par les autorités, a été arrêté après avoir été frappé par la porte ouverte d’un véhicule de la GRC en mouvement. Le ministre fédéral des Services aux Autochtones, Marc Miller, a déclaré qu’il était « outré et indigné » par la persistance de la violence policière contre les Autochtones au Canada. En conférence de presse, il a aussi mentionné la fusillade mortelle d’une femme autochtone lors d’un contrôle de bien-être à Edmundston, au Nouveau-Brunswick, le 4 juin dernier.

« No justice! No peace! », « No racist police! », « Justice for Kinngait! », ont fait partie des chants passionnés et émotionnels des manifestants qui espèrent tous que cette marche pacifique ne soit que le début d’une longue discussion sur le racisme systémique au Nunavut et au Canada.

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Photos 1 et 2
Crédit : Alexandre Michaud
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La manifestation pacifique contre le racisme à Iqaluit a accueilli plus de 200 personnes.

Photo 3
Crédit : Gabrielle Poulin
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La communauté noire d’Iqaluit et ses alliés marchent en solidarité au mouvement Black Lives Matter.

Photo 4
Crédit : Gabrielle Poulin
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Un manifestant brandit cette affiche pour rappeler l’événement récent de violence policière à Kinngait, au Nunavut.

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  • Date de création 16 juin, 2020
  • Dernière mise à jour 16 juin, 2020
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