Gabriel Osson, écrivain engagé

Troisième portrait d’une série sur des auteurs franco-ontariens âgés de 65 ans et plus. 

Pour Gabriel Osson, écrivain torontois d’origine haïtienne, il est naturel qu’une personne redonne à la société ce qu’elle a reçu en années d’éducation et de carrière professionnelle. À 68 ans, son engagement communautaire est aussi important que sa création littéraire.

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Paul-François Sylvestre — Initiative de journalisme local — APF — Ontario 

Né à Port-au-Prince, Gabriel Osson s’installe au Canada comme jeune adulte. Il est tour à tour homme d’affaires en hôtellerie, gestionnaire de personnel, puis employé au Collège Boréal, campus de Toronto, et au ministère de l’Éducation de l’Ontario. Ses premiers écrits sont des recueils de poésie, suivis d’un récit intitulé J’ai marché sur les étoiles — Sept leçons apprises sur le chemin de Compostelle (Société des écrivains, 2015).

Depuis qu’il est à la retraite, on lui doit deux romans où le fictif et le réel se fusionnent constamment dans des intrigues qui se dénouent en Haïti. Le premier, Hubert, le restavèk (David, 2017), décrit la situation d’enfants pauvres et démunis qui «restent avec» des gens plus riches pour leur servir de domestiques. Or, on abuse souvent physiquement d’eux et ils deviennent parfois des proies sexuelles.

On compte présentement 400 000 restavèks en Haïti. Gabriel Osson s’est fixé comme objectif symbolique de vendre 400 000 exemplaires de son roman. Il s’est surtout engagé à verser les droits d’auteur à des organismes qui viennent en aide aux restavèks, notamment à la Fondation Maurice A. Sixto et à l’association Respire Haïti.

Le second roman de Gabriel Osson vient tout juste de paraître. Un jour se lèvera (David, 2019) raconte l’histoire de treize jeunes adultes qui quittent la Floride en 1964 et débarquent aux environs de Jérémie, dans le sud-ouest d’Haïti, pour mener une opération de guérilla contre le régime de Jean-Claude Duvalier. Leur mission est claire : renverser Papa Doc. L’histoire romancée d’Un jour se lèvera s’inspire de faits réels.

Par le biais d’un roman grand public, Gabriel Osson tire de l’oubli une triste page d’histoire — les treize jeunes seront tous tués — et fait dire à un de ses personnages : «Il n’y a point de liberté sans révolution.» Comme on le sait, le sang a dû couler pour que Haïti puisse survivre à la dictature duvaliériste.

Impliqué en Ontario comme en Haïti

De tous les écrivains franco-ontariens, Gabriel Osson demeure sans doute celui qui fait le plus preuve d’engagement communautaire. Ce n’est pas surprenant qu’il soit présentement président de l’Association des auteurs et auteures de l’Ontario français et cheville ouvrière du projet «Croisée des mots», qui permet à des écrivains francophones hors Québec de rencontrer leurs lecteurs ontariens. On le retrouve aussi à la barre de Franco Découvertes, une émission diffusée chaque vendredi soir à CHOQ-FM, dans la Ville reine.

Depuis 2012, Gabriel Osson participe à la formation d’enseignants et d’administrateurs scolaires en Haïti. Quand il retourne dans son pays natal, il en profite aussi pour donner des ateliers d’écriture en partenariat avec l’Alliance française de Jacmel. Cette formation, offerte annuellement depuis 2013, s’adresse tantôt à des enfants de 8 à 14 ans, tantôt à des ados ou jeunes adultes.

Et comme si cela ne suffisait pas, Gabriel Osson est président de l’Association Haïti Futur-Canada et siège au conseil d’administration de Trees That Feed Foundation, qui plante des arbres en Haïti, entre autres.

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Des photos sont disponibles sur demande : ijlontario@gmail.com.

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  • Date de création 17 décembre, 2019
  • Dernière mise à jour 17 décembre, 2019
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