FGA : «De mémoire, ça fait 20 ans qu’un projet comme ça est attendu»

Le gouvernement de l’Ontario a nommé le Club canadien de Toronto comme développeur du Réseau économique francophone. Cette plateforme virtuelle dite «innovante» veut connecter les entrepreneurs et entreprises franco-ontariens.

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Martin Laruelle — Initiative de journalisme local – APF – Ontario

En septembre 2020, le gouvernement de l’Ontario a investi 250 000 $ pour la création d’une plateforme numérique, le Réseau économique francophone. Cette plateforme offrira une aide aux entrepreneurs et entreprises franco-ontariennes, sous le nom de Fédération des gens d’affaires francophones de l’Ontario (FGA), et sera inaugurée le 1er janvier 2021.

«De mémoire, ça fait 20 ans qu’un projet comme ça est attendu. Pour de bonnes ou de mauvaises raisons, ça n’a pas pu se faire. Là c’est possible, 2021 c’est une première innovation», se réjouit le président du Club canadien de Toronto, Dominic Mailloux.

Il cite les objectifs de la FGA : «Faire de la représentation politique, plaider les besoins des entrepreneurs [franco-ontariens] au fédéral et au provincial. La Fédération veut connecter ses membres. Finalement, elle va offrir des services à ses membres comme des rabais corporatifs, des services de conciergerie, du mentorat, etc.»

Utilisation des nouvelles technologies

Selon Dominic Mailloux, la FGA devra utiliser les outils numériques à sa disposition afin d’accompagner autant que possible les entrepreneurs et entreprises francophones. La Fédération s’incarnera à travers un site Web, accompagnée d’une base de données et d’évènements web.

Le président du Club canadien confirme que la FGA aura son domicile et organisera des évènements et des forums lorsque cela sera possible.

Dominic Mailloux met un accent particulier sur la base de données de la FGA : «Il y a nécessité de dresser un portrait de l’économie francophone en Ontario. […] On veut retrouver dans cette base de données de l’information nominale sur les personnes d’affaires, les entrepreneurs francophones en Ontario».

Les informations recueillies seront offertes aux entrepreneurs afin qu’ils puissent optimiser leurs méthodes commerciales. L’accès aux données sera disponible gratuitement sur le site Web de la Fédération, assure Dominic Mailloux.

Pour la propriétaire des Suites des présidents à Haileybury, Nicole Guertin, la création d’une base de données est une étape importante pour les entrepreneurs franco-ontariens. «Cela va permettre de faire connaitre des entreprises. De petites compagnies comme la nôtre ne mettent pas d’argent dans la publicité. On essaie seulement de se faire connaitre à travers les réseaux sociaux et les interviews de journalistes», précise-t-elle.

L’ambition de rassembler 

«La première innovation a été de se regrouper. Pour la première fois, on a dix organismes qui œuvrent tous en développement économique francophone bilingue et qui se regrouperont autour de la table», explique Dominic Mailloux.

Ces dix organismes sont des figures économiques bilingues, qui représentent les diverses régions de l’Ontario.

Dominic Mailloux observe qu’«il y a beaucoup d’acteurs franco-ontariens sur le terrain, mais ils n’agissent pas de façon concertée parce qu’il n’y a pas de parapluie pour les regrouper. La Fédération sera fédératrice pour rassembler tous ces organismes.»

Nicole Guertin applaudit cette initiative. Elle se souvient d’un projet similaire, la Chambre économique de l’Ontario (CEO), qui devait promouvoir les affaires économiques des Franco-Ontariens. D’après Nicole Guertin, la CEO n’est pas parvenue à rassembler les entreprises francophones.

Un moyen de communication 

Dominic Mailloux assure que la représentation au niveau politique des entreprises franco-ontariennes sera l’un des objectifs principaux de la FGA.

La Fédération permettra aux entreprises de communiquer entre elles, mais aussi de créer des partenariats à l’extérieur de l’Ontario, explique Susan Morin, directrice du développement des affaires chez Entreprise Niagara, l’un des organismes fondateurs de la FGA.

La FGA sera un moyen de communication avec le gouvernement et des entreprises de l’extérieur, comme au Québec.

«On doit se rassembler afin de discuter avec la ministre des Affaires francophones. Ils ont besoin de nous autant que l’on a besoin d’eux. […] Il est finalement le temps de nous mettre en valeur et de montrer les lacunes du gouvernement envers les Franco-Ontariens. Un gros “on”», conclut Susan Morin.

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BP :

  • IJLO_FGA réactions_Susan Morin_Cr. Courtoisie Entreprise Niagara : Susan Morin, directrice du développement des affaires chez Entreprise Niagara, l’un des organismes fondateurs de la FGA. (Crédit : Courtoisie Entreprise Niagara)
  • IJLO_FGA réactions_Logos_Cr. Club canadien de Toronto : Les logos des dix membres fondateurs de la FGA. (Crédit : Club canadien de Toronto)
  • Nombre de fichiers 3
  • Date de création 18 décembre, 2020
  • Dernière mise à jour 18 décembre, 2020
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