Fêter Noël loin des siens

Dans la majorité des cultures, le Temps des fêtes est synonyme de réunions familiales. Comment et avec qui célébrer lorsque ses proches vivent à des milliers de kilomètres? Tour d’horizon des projets pour Noël d’immigrants fraîchement arrivés à l’Île-du-Prince-Édouard.

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Initiative de journalisme local -APF - Atlantique

Marine Ernoult

Réveillonner avec une bande d’amis est, pour plusieurs, la solution idéale pour le 24 décembre. Ainsi, Emmanuel Nicaise, Célia Legros et Alban Leprêtre, installés depuis quelques mois à l’île, se retrouveront chez une amie commune à Charlottetown avec une dizaine de personnes. «Les amis, ce sont des gens qui te ressemblent, c’est la famille que tu as choisie, confie le Belge Emmanuel Nicaise. On vit la même chose, on construit un nouveau chez-nous.»

Famille de coeur

Au programme de ce réveillon avec leur famille de coeur, il y aura raclette et échange de cadeaux au pied du sapin. Preuve, s’il en fallait, qu’en dépit de tous les bouleversements de leur nouvelle vie, ils gardent bien vivants ces rites de Noël. «On sera tous ensemble autour d’un bon repas convivial avec plein de fromages», se réjouissent les trois immigrants francophones.

Le 25 décembre, Emmanuel Nicaise est invité à manger chez un couple d’insulaires. Le quadragénaire apprécie le fort esprit de Noël qui règne à l’île : «C’est inconcevable que tu restes tout seul». Ce sentiment est partagé par ses amis originaires de France, Célia Legros et Alban Leprêtre, également conviés par une famille de l’île à partager un repas. «Toutes les portes sont ouvertes pour aller souhaiter un Joyeux Noël», observent-ils.

En région Évangéline, Juliana Timon Miguel et Guy Mathieu Baka Kouadio, arrivés d’Espagne il y a deux mois, partageront la magie de Noël avec leurs quatre enfants. À leur table, le 24 décembre, couscous de manioc, bananes plantain et gombo (un légume) seront à l’honneur. «C’est difficile de trouver tous ces ingrédients à l’île, nous devons aller à Moncton, au Nouveau-Brunswick, pour nous les procurer», explique Juliana Timon Miguel.

En Espagne, son pays d’origine, Noël ne rime pas avec cadeaux, les bambins sont plutôt gâtés le 6 janvier, jour de l’Épiphanie. «Cette année on s’adapte. On offrira les cadeaux le 24 comme ça se fait ici», confie Juliana Timon Miguel. Dans la péninsule ibérique, les familles se réunissent également à l’extérieur, après le repas, pour faire la fête avec les enfants et prolonger les moments de retrouvailles.  «On improvisera une piste de danse dans la maison pour s’amuser tous les six», lancent en souriant ces nouveaux arrivants.

Partage et rires

La Guadeloupéenne Anisabelle Kancel, installée à Charlottetown depuis 2016, se prépare à passer le réveillon avec sa «famille spirituelle», constituée des membres de sa congrégation religieuse protestante, originaires d’Afrique. Madame Kansel se sent proche de cette communauté qui lui rappelle la culture et la nourriture des Antilles. «Ils ne sont pas encore au courant, mais je vais débarquer chez eux, et nous allons cuisiner des beignets, des pois rouges et du poulet», plaisante-t-elle.

Son projet pour le 25 : fêter Noël au téléphone avec sa famille restée en Guadeloupe. Car les traditions de sa terre d’origine lui manquent : les musiques de Noël très colorées, appelées Chanté Nwel diffusées à la radio, les fêtes organisées tout au long du mois de décembre dans chaque village, le réveillon chez sa grand-mère avec le jambon fumé, les pois d’angole et les bûches aux fruits exotiques. «Aux Antilles, le cadeau, c’est d’être ensemble avec la famille au grand complet, et de bien manger. Sans partage, sans rires et sans chants, il n’y a pas de Noël», résume-t-elle.

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¨Photo disponible sur demande auprès de ijlatlantique@gmail.com

 

 

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  • Date de création 19 décembre, 2019
  • Dernière mise à jour 19 décembre, 2019
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