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Fédération des francophones de la Colombie-Britannique : 75 ans plus tard

En dépit de la COVID-19 et du lot de problèmes qu’elle cause, voire des drames, l’année 2020 donne aux Franco-Colombiens des occasions de se réjouir. Après le récent jugement de la Cour suprême en faveur de l’éducation en français, c’est au tour de la Fédération des francophones de la Colombie-Britannique (FFCB) de souligner ses 75 ans d’existence. Avec un retour espéré des festivités pour la jubilaire.

André Magny

Initiative de journalisme local – APF - Ouest

75 ans d’efforts soutenus

Forte maintenant d’une équipe de près d’une dizaine de personnes, la Fédération, sise sur la 7e avenue à Vancouver, regroupe sous son aile pas moins d’une quarantaine d’organismes.

Trois quarts de siècle plus tard, de quoi la FFCB est-elle la plus fière ? « Je pense que nous devrions être fiers du travail que la Fédération a fait au fil des années avec le gouvernement provincial et le gouvernement fédéral pour avoir plus de services en français », explique sa présidente, Padminee Chundunsing. Selon elle, cela a encouragé une venue accrue de francophones dans la province. La présidente s’appuie sur les derniers chiffres de Statistique Canada. Entre 2001 et 2016, « il y a eu une hausse de 12,5% des personnes ayant le français comme langue maternelle en Colombie-Britannique. Au total, les francophones représentent près de 7% de la population de la province. »

Même si elle ne peut prévoir ce que seront les 75 prochaines années, le plan de développement global 2019-2024 de la FFCB définit certains axes prioritaires pour les années à venir. Outre le fait de faire rayonner le français, de diffuser et de produire des produits culturels, artistiques et historiques francophones locaux, la Fédération s’engage à veiller à ce que la population ait accès à une offre d’activités parascolaires, d’éducation non formelle et de loisirs en français qui contribueront à la construction identitaire francophone. C’est pour cela qu’un événement comme le Salon du livre de Vancouver profite de son soutien. « La FFCB a fait circuler l'info concernant le Salon et ses activités et s'y intéresse. Elle nous a donc appuyés dans la mesure de ses capacités, dans le contexte de son mandat », mentionne la coordonnatrice du Salon, Alexandra Bolduc.

Un partenaire apprécié

Pour le directeur général du Conseil jeunesse de la Colombie-Britannique, Rémi Marien, en ce qui concerne la FFCB, « sa raison d’être est complètement fondée. Elle a un rôle de rassembler, de réseauter. » S’il la voit évoluer depuis dix ans avec des hauts et parfois des bas, il estime que la venue d’une nouvelle directrice générale et la vision de la présidente vont dans le bon sens. Un souhait pour les années à venir à l’égard de la Fédération ? « Qu’elle soit présente et à l’écoute de ses membres », répond-il.

Du côté de la Société de développement économique / Colombie-Britannique (SDÉ), la directrice des opérations, Mylène Letellier, estime que de nombreux organismes franco-colombiens, y compris la SDÉ, sont nés dans la foulée du travail fait en amont par la Fédération. Elle salue aussi le fait que l’organisme porte-parole soit capable de défendre les différents dossiers émanant de ses membres issus pourtant de différents milieux. « La défense du fait français, l’arrivée des nouveaux immigrants et la question de la santé mentale chez les francophones, y compris les entrepreneurs, dans l’après-pandémie » seront des dossiers auxquels devrait s’attarder la FFCB, selon Mme Letellier.

Intimement associée à la FFCB lors de son dernier combat qui l’a menée jusqu’à la Cour suprême du Canada pour l’éducation en français, la Fédération des parents francophones de Colombie-Britannique atteste, par la voix de sa directrice générale, Marie-Andrée Asselin, que l’organisme fédératif « était à nos côtés pendant tout le processus ». Et puisque « la communauté vit à travers ses institutions », Mme Asselin est d’avis que l’un des prochains grands combats de la FFCB sera de faire en sorte que « la transmission linguistique et identitaire auprès de nos enfants » soit une réussite. « C’est le nerf de la survie », explique-t-elle.

La fête à l’assemblée générale

Le lancement du 75e a eu lieu le 5 mars dernier à Victoria. Est-il besoin de rappeler que quelques jours plus tard, le confinement était annoncé. Nombre d’actions prévues et réparties tout au long de l’année ont évidemment été annulées en raison de la COVID-19, « car beaucoup étaient prévues lors d’événements publics », mentionne Mme Chundunsing. « Nous espérons cependant toujours célébrer nos 75 ans lors de la prochaine assemblée générale du mois de novembre, dit-elle. Les détails sont en cours de révision compte tenu de la situation sanitaire dont l’issue reste encore incertaine. Ce qu’on peut dire, c’est qu’on voudrait profiter du 75e pour rapprocher encore plus la communauté et profiter de cette opportunité pour penser la Fédération de demain. »

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Encadré

Un peu d’histoire

Avant 1945 en Colombie-Britannique, les francophones s’organisaient traditionnellement autour du commerce des fourrures, des métiers du bois ou des paroisses. Ils ont ensuite créé de nouvelles structures pour partager des intérêts communs : équipes sportives, clubs d’arts dramatiques ou de littérature. Ils fondent alors des organisations à divers endroits dans la province comme Victoria, Duncan, New Westminster et Vancouver. Elles sont toutefois isolées les unes des autres. C’est donc vers le début des années 1940 que les francophones de la Colombie-Britannique décident de sensibiliser le gouvernement fédéral, le gouvernement du Québec et le gouvernement provincial pour faire reconnaître leur contribution à l’édification de la province.

C’est le Club canadien-français de la Colombie-Britannique, sous la direction d’Yvonne Fortin-Terrien, Cécile Goguillon et de sa fille Irène Goguillon, qui lance l’idée d’un regroupement de tous ces organismes. Le germe d’une fédération est ainsi semé. Le 24 juin 1945, à Victoria, se tient donc le premier congrès de langue française où la Fédération prend naissance.

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Les photos sont toutes libres de droits d'auteur.

Bas de vignette : La présidente de la FFCB, Padminee Chundunsing, en compagnie du premier ministre du Canada, Justin Trudeau.

Crédit : gracieuseté de la FFCB

Bas de vignette : Photo de groupe en fin d'assemblée générale annuelle en 2019.

Crédit : gracieuseté de la FFCB

Bas de vignette - Lors d'une protestation contre le changement climatique en 2019, des représentants de la FFCB étaient présents.

Crédit: gracieuseté de la FFCB

Vieilles photos  

Bas de vignette : Rencontre soulignant le 10e anniversaire de la fondation de la FFCB en 1955.

Crédit: gracieuseté FFCB

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  • Nombre de fichiers 8
  • Date de création 7 juillet, 2020
  • Dernière mise à jour 7 juillet, 2020
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