Donner la parole aux jeunes pour un cinéma local et intergénérationnel

De jeunes cinéastes Inuits mettent en scène leurs aînés dans le cadre du projet Reel to Reel à Cambridge Bay.
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Élise Vaillancourt
Initiative de journalisme local – APF – Territoires

C’est au campus de la Station canadienne de recherche dans l’Extrême-Arctique que dix jeunes cinéastes ont reçu une formation d’une semaine afin de produire différents courts-métrages documentaires mettant en vedette cinq de leurs aînés. Né d’une collaboration entre l’initiative nationale Reel Youth et la Société d’héritage Pitquhirnikkut Ilihautiniq/Kitikmeot, le projet Reel to Reel constitue une occasion réelle d’ouvrir un dialogue intergénérationnel pour la préservation de la culture locale.

La caméra, outil de transformation sociale

« Notre mission est d’utiliser le cinéma comme une manière de construire des communautés, » explique Mark Vonesch, à la direction de Reel Youth. « Nous utilisons le cinéma pour que les jeunes développent leur leadership, leurs aptitudes à collaborer et pour qu’ils produisent et distribuent un film traitant d’enjeux importants pour eux. » Reel Youth, c’est plus de 5 000 participants et de 2 000 films réalisés dans les 15 dernières années à travers l’ensemble du Canada ainsi qu’à l’étranger.

Plus encore, Reel Youth cherche à créer des occasions de changement social : « On veut donner une voix aux jeunes, mais surtout donner une place aux voix moins entendues qui devraient l’être davantage pour arriver à une plus grande justice et équité sociétale, » décrit Vonesch.

Célébrer les aînés pour célébrer les modes de vies traditionnels

Reel Youth ne travaille jamais seul dans les communautés visitées. C’est la Société d’héritage Pitquhirnikkut Ilihautiniq/Kitikmeot, une organisation fondée en 1996 qui vise la protection du savoir-vivre et de la langue inuinnait, qui fut leur partenaire sur le terrain.

Inspiré par un projet réalisé au Nunavik, le choix de faire un projet intergénérationnel était spécifiquement pour les organisations partenaires : « Le colonialisme a déconnecté les Inuits de leur culture, » explique Vonesch, « Ce programme vise une forme de guérison en écoutant des histoires personnelles vécues par les aînés. » En armant les jeunes d’une caméra, ceux-ci parviennent à poser à leurs aînés des questions plus difficiles.

Parmi les sujets abordés dans les courts-métrages filmés à Cambridge Bay on retrouve les écoles résidentielles ainsi que les changements climatiques et leurs impacts sur les modes de vie. « C’est important que les jeunes connaissent leur histoire, mais c’est aussi important pour le reste du Canada de la connaitre, » conclu Vonesch.

Ce n’est pas terminé pour Reel to Reel :  l’équipe sera de retour en avril pour un autre projet. Dix jours où les aînés et les jeunes seront sur les territoires pour chasser et pêcher, échanger mais également pour produire des films. Il est aussi prévu que Reel Youth soit de passage à Pangnirtung en mars prochain.

Les films produits lors de l’escale de Reel Youth à Cambridge Bay seront disponibles sur le site web de l’organisation, après que ceux-ci soient diffusés lors du Reel Youth Film Festival. Plusieurs des films produits lors des escales de Reel Youth voyagent dans différents festivals : une occasion en or de faire (re)connaître les modes de vie inuits.

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Des photos sont disponibles sur demande : ijlterritoires@gmail.com

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  • Date de création 14 janvier, 2020
  • Dernière mise à jour 30 janvier, 2020
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