Dans l’arène

Émilie Pelletier- Initiative de journalisme local Le Droit

Pas « vite vite vite », la version française

Mercredi, le premier ministre Doug Ford a voulu se vanter de son français, en conférence de presse. « Vite vite vite », urgeait-il en s’adressant à Santé Canada, qui a pris un certain temps à approuver les tests rapides de dépistage de la COVID-19. 

 

La même journée, le gouvernement ontarien a dévoilé, après plusieurs semaines d’insistance des partis d’opposition et de la population, son plan de préparation pour lutter contre la deuxième vague de la COVID-19. 

 

Le hic : en raison d’importants « délais techniques », le document, d’une trentaine de pages, n’a été publié qu’en anglais. La version française n’a été rendue disponible que le lendemain.

Pas « vite vite vite », comme dirait le premier ministre. 

 

Plus de gros rosbifs à Queen’s Park

Avant la pandémie de COVID-19, c’était un secret de Polichinelle à Queen’s Park : quand les lobbyistes organisaient des réceptions, on y servait des repas de style buffet. Puisqu’ils travaillent de longues heures et qu’ils oublient parfois de se nourrir, les journalistes, et parfois même certains élus, s’y faufilaient subtilement pour profiter de ces goûters. Nous ne nommerons pas de noms, mais des députés de tous les partis, et même certains ministres, y auraient notamment été aperçus par des journalistes (présents sur les lieux pour les mêmes raisons). 

 

Une certaine députée aurait même déjà été surprise quittant la salle de réception avec un gros rosbif dans l’assiette. 

 

Maintenant que ces réceptions ne peuvent plus avoir lieu à Queen’s Park, nos pensées sont avec tous ces journalistes et députés qui doivent assouvir leur faim ailleurs. 

 

Échange rarissime entre Ford et Wynne

Mardi, alors que le monde s’apprêtait à être témoin du « pire débat de l’histoire » entre le président américain Donald Trump et l’ex-vice-président Joe Biden, les élus de l’Assemblée législative de l’Ontario ont eu droit à un échange d’un rarissime respect entre l’ex-première ministre Kathleen Wynne et l’actuel premier ministre Doug Ford. 

 

« Je me suis demandé, hier soir, ce que je ferais si j’étais dans ses souliers », a lancé Mme Wynne sous un inhabituel silence de la Chambre, en parlant de la façon dont Doug Ford gère la crise de la COVID-19 en province.

 

Elle y est allée de suggestions sur la façon dont elle aurait elle-même géré cette crise, soulignant comprendre « la complexité de ce à quoi le premier ministre est confronté en ce moment ». 

 

C’est avec un ton plein de délicatesse que Doug Ford a concédé que Mme Wynne « comprend les pressions de ce travail ». 

 

« Vous savez quelque chose ? Je ne pourrais jamais être en colère contre l’ancienne première ministre, car elle a marché un kilomètre dans mes souliers. Elle comprend. »

 

C’est un virage intéressant, étant donné que M. Ford et Mme Wynne ont habitué les Ontariens à de nombreuses attaques personnelles et à des insultes de toutes sortes lors de campagnes précédentes. Peut-être pas des « ferme-là, mec » ou des « vous êtes un clown », mais quand même. 

 

Le Fordisme de la semaine

« J’étais au téléphone pour les tests rapides, et tout le monde sauf le pape était en ligne. »

Contexte : le premier ministre Doug Ford a passé la semaine à faire pression sur Santé Canada pour que l’agence fédérale approuve les tests rapides de dépistage, qui permettraient à ceux qui s’y soumettent de recevoir leur résultat en 15 minutes. 

 

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  • Date de création 3 octobre, 2020
  • Dernière mise à jour 2 octobre, 2020
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