COVID-19 : retour sur les faits marquants de la semaine du 23 mars à l’Île-du-Prince-Édouard

L’Île-du-Prince-Édouard compte désormais 18 cas de Covid-19. 15 cas sont apparus en six jours. Il s’agit de personnes revenant de l’étranger, signe que le virus ne circule pas encore à l’Île. Mais Heather Morrison, la médecin hygiéniste en chef, appelle à la prudence : « C’est une pandémie, nous ne sommes pas sortis de l’auberge ».
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Marine Ernoult
Initiative de journalisme local – APF – Atlantique

23 mars : amendes en cas de non-respect de l’auto-isolement   

400 tests effectués

Les personnes qui arrivent à l’Île, que ce soit de l’étranger ou d’autres provinces canadiennes, via le pont de la Confédération, l’aéroport ou le traversier des Îles-de-la-Madeleine doivent obligatoirement s’auto-isoler pendant 14 jours. Celles et ceux qui ne respectent pas cette consigne encourent des amendes de 1000 dollars la première fois, 2000 dollars la deuxième, 10 000 dollars la troisième et toutes les fois suivantes. « Nous avons trop de signalements de personnes qui ne prennent pas les mesures de santé publique au sérieux. C’est irresponsable », déplore Heather Morrisson. Des exceptions à l’auto-isolement sont prévues pour les rendez-vous médicaux, les travailleurs essentiels, comme les conducteurs de camions, le personnel aérien ou soignant.

La médecin-chef hygiéniste confirme la stratégie de test en vigueur : sont dépistées toutes les personnes qui présentent des symptômes, aussi bien celles qui arrivent à l’Île que les Insulaires.

25 mars : Réserve nationale stratégique d’urgence 

Le Canada déploie la réserve nationale stratégique d’urgence (RNSU) dans la province. À l’Île, un entrepôt de la RNSU contient notamment de l’équipement et des fournitures médicales, des produits pharmaceutiques, des lits et des couvertures. Heather Morrison annonce également l’installation d’une mini-clinique, l’une des composantes de la RNSU, destinée à donner des soins primaires aux patients et à soulager les services médicaux existants. À Charlottetown, elle est opérationnelle depuis le 28 mars. À Summerside, elle a ouvert le 31. Elle comprend un service au volant pour tester des personnes filtrées par le 8-1-1, et un service de consultation « toux et fièvre » ouvert au public sur rendez-vous.

25 mars : deux nouveaux cas

539 tests effectués

Il s’agit de deux hommes dans la trentaine, revenant de l’étranger, de République Dominicaine et des États-Unis. Ils se sont auto-isolés dès leur retour dans la province.

26 mars : quatre nouveaux cas

556 tests effectués

Il s’agit d’hommes, âgés de 55 et 70 ans, qui sont revenus de l’étranger : deux d’Europe, un des États-Unis et un des Caraïbes. Ils sont rentrés à l’Île il y a environ une semaine et se sont auto-isolés dès leur arrivée.

27 mars : deux nouveaux cas

622 tests effectués

Il s’agit d’une femme dans la vingtaine et d’une autre dans la cinquantaine, revenant de l’étranger.

Heather Morrisson recommande la fermeture des écoles jusqu’au 11 mai, soit sept semaines au lieu des deux prévues initialement. Des solutions d’enseignement à distance sont en cours d’élaboration. Les services non essentiels et les garderies restent quant à eux fermés jusqu’à nouvel ordre. « C’est une pandémie, nous ne sommes pas sortis de l’auberge », répète-t-elle inlassablement.

30 mars : sept nouveaux cas

760 tests effectués

Il s’agit de quatre femmes et trois hommes, entre 20 et 70 ans, revenant tous de l’étranger. Le nombre de cas à l’Île s’élève donc à 18, dont un guéri.

Le premier ministre Dennis King, revenu de sa quarantaine, se déclare « déçu »par le comportement de certains habitants « qui n’écoutent pas ». Le bureau de la médecin-hygiéniste en chef a reçu 56 plaintes visant des personnes qui ne s’auto-isolaient pas en revenant de l’extérieur de la province. Ces plaintes ont donné lieu à 26 visites à domicile de la part d’un agent, puis à douze avertissements verbaux et à neuf avertissements écrits. « Le temps de la pédagogie est terminé, le temps de la coercition est venu », prévient Dennis King. Il n’y aura plus d’avertissements, selon lui, mais des amendes directes. Les forces de police auraient reçu des instructions en ce sens.

Alors que la province ne compte que 19 respirateurs artificiels, Marion Dowling, cheffe des soins infirmiers à Santé ÎPÉ, assure que les hôpitaux sont prêts à accueillir les inévitables malades. 15 respirateurs de plus sont déjà commandés au gouvernement fédéral, 26 de la RNSU vont s’y ajouter, ainsi que douze, issus d’une nouvelle commande. 200 retraités du secteur médical sont en outre prêts à reprendre le travail pour aider la province à faire face à la pandémie.

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  • Date de création 31 mars, 2020
  • Dernière mise à jour 31 mars, 2020
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