Continuer à héberger et à nourrir les plus vulnérables

L’épidémie de COVID-19 n’épargne pas l’Île-du-Prince-Édouard et met à rude épreuve les équipes des associations caritatives. Héberger et aider les plus vulnérables n’est pas de tout repos en temps normal ; c’est encore plus compliqué quand il faut soi-même se protéger.

________________

Laurent Rigaux

Initiative de journalisme local - APF - Atlantique

«Nous allons gérer ça à notre façon d’Insulaires, déclare Ernie Hudson lors d’une conférence de presse du 17 mars à Charlottetown. Le ministre du Développement social et du Logement compte sur les habitants de l’Île-du-Prince-Édouard pour s’entraider face à la menace de la COVID-19, alors que tous les commerces non essentiels affichent portes closes et que tout le monde est plus ou moins cloîtré chez soi.

«Notre réseau de partenaires communautaires est mieux placé pour offrir des services essentiels à ceux qui en ont le plus besoin», ajoute-t-il avant d’annoncer un demi-million de dollars d’aide à des organismes tels que les banques alimentaires (100 000 $) ou l’Armée du Salut (100 000 $).

Le contact humain «fait partie du job»

«Ça ne va pas nous aider directement, explique Michael Redmond, responsable du refuge pour hommes Bedford MacDonald. Nous avons déjà des contrats avec le gouvernement. Ça va permettre à notre organisation-parapluie [l’Armée du Salut] d’avoir plus de ressources pour proposer plus de services.» La maison Bedford MacDonald héberge habituellement les hommes sans abris pour la nuit, un autre lieu à proximité étant consacré à l’accueil de jour. «On y voit le nombre de personnes augmenter, car il n’y a plus d’autres endroits où aller», raconte le responsable. Depuis le 18 mars en effet, les bars, restaurants et enseignes de restauration rapide de l’Île ont fermé leurs salles à manger, ne proposant plus que de la vente à emporter ou en livraison.

«Nous avons maintenant des repas chauds qui sont servis dans la maison, ajoute Michael Redmond. On essaie de faire notre part pour garder les gens ici. On est à pleine capacité.» Les bénévoles essaient de maintenir un éloignement sécuritaire entre les personnes, un nettoyage accru des lieux est instauré, mais cela ne fait pas tout. «Des contacts humains sont inévitables, concède-t-il. Ça fait partie du job.»

« Les gens entrent et sortent le plus rapidement possible »

De son côté, Mike MacDonald, responsable des banques alimentaires à l’Île, se rassure : «Il y a toujours des bénévoles et des dons.» Au moment de notre conversation, il faisait part «d’une importante livraison» dans les minutes qui précédaient, alors que «mars est habituellement un mois plus calme».

Pour faire face au risque de contamination, les personnes venant chercher de la nourriture ne peuvent plus choisir ce qu’elles veulent. «On a des boîtes prêtes, pour que les gens entrent et sortent le plus rapidement possible, explique Mike MacDonald. On régule aussi le nombre de gens présents à l’intérieur.»

Malgré ces contraintes, 196 familles sont venues en cinq jours depuis le lundi 16 mars à l’Upper Room, la banque alimentaire de Charlottetown. Il lui est cependant difficile de parler d’un accroissement de la fréquentation: «C’est un peu haut, mais on l’a déjà vu par le passé. Ça devrait augmenter au fur et à mesure que la crise continue.» Les 100 000 dollars promis par le gouvernement provincial vont «aller directement à l’achat de nourriture, pour garder les étagères pleines.»

-30-

 

Photos :

Mike MacDonald. Crédit : Laurent Rigaux

Michael Redmond. Crédit : Laurent Rigaux

 

 

  • Nombre de fichiers 2
  • Date de création 21 mars, 2020
  • Dernière mise à jour 21 mars, 2020
error: Contenu protégé, veuillez télécharger l\'article