Confinées, mais pas en sécurité

La période de confinement actuelle pourrait aggraver la situation des femmes victimes de violence conjugale. Le YWCA des Territoires du Nord-Ouest tient à rappeler que l’aide aux victimes demeure présente.
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Karine Lavoie
Initiative de journalisme local – APF – Territoires

L’obligation de se confiner est difficile pour plusieurs, mais tout particulièrement pour les femmes victimes de violence conjugale. Le fait de demeurer constamment à la maison avec son partenaire violent dans une situation de stress pourrait venir augmenter les risques de violence conjugale. Il importe de rappeler aux femmes touchées par cet enjeu les gestes à poser pour obtenir de l’aide.

« Nous avons demandé aux Canadiens de s’auto-isoler et de demeurer à la maison afin de prévenir la propagation de la COVID-19. Mais ça ne veut pas dire que tout le monde est en sécurité dans sa maison », a proclamé Maryam Monsef, ministre des Femmes et de l’Égalité des genres et du Développement économique rural dans un communiqué.

Signe que la problématique de la violence conjugale est bien présente dans les Territoires du Nord-Ouest, le ministère de la Justice du Canada révélait en 2015 un taux d’admission dans les refuges pour femmes violentées huit fois plus élevé que la moyenne nationale.

Les refuges sont bel et bien ouverts

Malgré la situation actuelle de confinement, les refuges ne sont pas en débordement. « Il n’y a pas eu d’augmentation du nombre de femmes qui se présentent au refuge pour violence familiale pendant la pandémie », indique Madame Alayna Ward, directrice des Relations communautaires au YWCA des Territoires du Nord-Ouest. Malgré les risques plus élevés de violence conjugale, il y a eu moins de femmes au refuge de Yellowknife en avril dernier qu’en avril 2019, précise-t-elle.

Selon elle, quelques facteurs pourraient expliquer cette baisse de fréquentation : « Nous croyons que certaines femmes pensent que les refuges sont fermés ou craignent d’être condamnées à une amende en vertu des ordonnances territoriales », explique la directrice. « En plus, avec des conjoints qui sont maintenant toujours à la maison, il peut être difficile pour certaines de demander de l’aide. »

En ce qui concerne les mesures sanitaires dans les refuges en lien avec la COVID-19, des précautions importantes ont été prises et il n’y a donc pas lieu de s’inquiéter à ce niveau. « Le personnel porte des masques et toutes les femmes ou les enfants entrant dans le refuge en reçoivent également. Le personnel est prêt à prendre la température de toute personne qui vient au refuge. Finalement, les personnes qui demeurent au refuge doivent pratiquer les mesures de distanciation sociale », conclut Mme Ward.

Les bons gestes à poser en tant que victime

La première chose à faire en situation de violence conjugale est de se rendre chez un ami, chez un proche de confiance ou dans un refuge. Le gouvernement des Territoires du Nord-Ouest indique qu’il y a des exemptions aux arrêtés pour des raisons familiales et exceptionnelles. Ainsi, le GTNO demande de ne pas se placer dans une situation dangereuse en raison des arrêtés et qu’il n’est donc pas nécessaire de communiquer avec le 8-1-1 pour obtenir une permission de quitter son domicile en cas de situation de violence conjugale.

En tout temps, les femmes ténoises peuvent contacter la ligne d’écoute téléphonique au 1-866-223-7775 pour discuter de leur situation et obtenir le soutien nécessaire.

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  • Date de création 5 mai, 2020
  • Dernière mise à jour 5 mai, 2020
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