IJL - Ouest

Comprendre les Francophones en temps de campagne, c’est toujours compliqué en Colombie-Britannique

En pleine pandémie, le gouvernement néo-démocrate de la Colombie-Britannique, dirigé par John Horgan, a déclenché des élections anticipées un an avant la date prévue. Le gouvernement minoritaire et les partis d’opposition tenteront de séduire les communautés jusqu’au vote du 24 octobre prochain. Qu’en est-il de la communauté franco-colombienne?

Alyson Roussel

Initiative de journalisme local – APF - Ouest

Les francophones, pas une priorité du gouvernement

Les Franco-Colombiens ont très peu espoir de se faire entendre dans cette campagne électorale, selon la directrice générale de la Fédération des parents francophones de la Colombie-Britannique, Marie-Andrée Asselin. Elle en est convaincue.

«Ce serait une surprise s’il y avait un enjeu typiquement francophone qui ressortirait durant la campagne», rapporte-t-elle.

Selon Mme Asselin, «ni un parti ni l’autre ne se démarque pour les francophones, jusqu’à maintenant en tout cas».

La Colombie-Britannique est la seule province au pays sans politique ni loi sur les services en français et cela ne changera pas de sitôt selon la présidente de la Fédération des francophones de la Colombie-Britannique, Padminee Chundunsing, qui s’exprimait avant la sortie des programmes électoraux.

«Je suis à peu près certaine qu’aucun programme électoral ne mentionnera les droits linguistiques et les langues officielles qui sont perçus comme un problème de l’est du pays, dit-elle. J’espère que je me trompe!»

En attente d’une politique

L’enjeu principal de la communauté est de voir la province adopter une politique sur les services en français. Une future politique qui établirait les balises des engagements du gouvernement envers les francophones de la province comme on peut en voir ailleurs au pays.

«Ça devrait être une priorité pour le prochain gouvernement», souligne Mme Asselin.

Cette fameuse politique simplifierait la vie de plusieurs citoyens comme pour le résident de Prince George, Steeve Caron, qui aimerait des services gouvernementaux bilingues au niveau provincial.

L’adoption d’une loi pourrait profiter à tous les Canadiens-français selon la présidente de la Fédération des francophones.

«Cela permettrait notamment de s’aligner sur la modernisation de la Loi sur les langues officielles», souligne-t-elle.

Espoir en éducation

L’éducation dans la langue de Molière dans la province de l’Ouest baigne toujours dans sa victoire du 12 juin dernier, lorsque la Cour suprême du Canada a donné gain de cause au Conseil scolaire francophone (CSF), à la Fédération des parents francophones de Colombie-Britannique, ainsi qu’aux parents co-appelants, en confirmant le droit à une éducation équivalente en français, de la même qualité que celle offerte à la majorité linguistique.

«Le système s’améliore petit à petit et ça a un lien direct avec la poursuite», s’enthousiasme la directrice générale de la Fédération des parents.

Malgré tout, Mme Asselin espère voir des investissements pour les immobilisations scolaires, un sujet qui cause toujours problème. Certaines écoles sont limitées en espace, tandis que d’autres ne peuvent pas offrir une éducation jusqu’à la douzième année. Ailleurs, il n’y a pas d’éducation en français où résident des francophones ou encore, il n’y a pas assez d’écoles pour la population comme c’est le cas dans certaines grandes villes comme Victoria et Vancouver.

«Il y a toujours de la place à de l’amélioration», nous confirme Steeve Caron, père de deux Franco-Colombiens, mais il se dit plutôt satisfait de l’éducation francophone. «Il n’y a vraiment pas à se plaindre», affirme-t-il.

N’oublions pas les garderies

Un deuxième enjeu primordial pour la directrice générale de la Fédération des parents est un système de garderies. Un appui pour les parents avec des emplois, mais aussi un outil de francisation, les garderies sont « doublement importantes pour les francophones », mentionne-t-elle.

Arts et Culture

Dans les arts et la culture, c’est tout le secteur qui est touché par l’impact de la COVID-19. Personne du milieu artistique n’est épargné.

Toutefois, le directeur général du Conseil culturel et artistique francophone de la Colombie-Britannique, Jean-François Packwood, demanderait au gouvernement de «reconnaître la notion de diversité, d’équité des éléments linguistiques et culturels comme valeurs  ajoutées».

Le directeur général mentionne aussi le manque d’une politique pour le français et constate une différence au niveau du financement comparativement à ses homologues des autres provinces.

«Si je regarde du côté de mes pairs d’autres provinces, certains reçoivent plus de la province ou la province et le fédéral s’équivalent. Pour nous, le financement du provincial est moindre que celui du fédéral», explique-t-il.

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Bas de vignette

La directrice générale de la Fédération des parents francophones de la Colombie-Britannique, Marie-Andrée Asselin. Crédit photo: Pascale Cyr.

La présidente de la Fédération des francophones de la Colombie-Britannique,  Padminee Chundunsing.

Le directeur général du Conseil culturel et artistique francophone de la Colombie-Britannique, Jean-François Packwood.

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  • Date de création 29 septembre, 2020
  • Dernière mise à jour 29 septembre, 2020
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