Cinq nouveaux refuges pour femmes et enfants inuits

Le gouvernement fédéral a tenu sa promesse de financer la construction et les activités de nouveaux refuges pour les femmes et enfants inuits à la recherche d’un abri contre la violence familiale.
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Charlotte Poulin-MacMillan
Initiative de journalisme local – APF – Territoires

Cinq maisons d’hébergement pour femmes et enfants inuits victimes de violence familiale verront bientôt le jour à travers le Nunavut. La nouvelle a été annoncée récemment par Services aux Autochtones Canada (SAC), qui en financera la construction et le fonctionnement avec l’appui d’Emploi et Développement social Canada. L’organisation Pauktuutit Inuit Women of Canada évalue le coût de la construction de ces refuges hautement nécessaires à environ 20 millions de dollars.

« On accueille cette nouvelle avec beaucoup d’émotions et le sentiment qu’on écoute les femmes inuites et qu’on répond à un besoin qui existait depuis longtemps. C’est une excellente nouvelle et ça montre un engagement du gouvernement et du territoire », affirme Me Nalini Vaddapalli, directrice générale du Barreau du Nunavut lors d’une entrevue téléphonique.

Cet investissement du gouvernement fédéral vient répondre à la demande de Pauktuutit de construire de nouveaux refuges pour femmes et enfants dans chacune des quatre régions de l’Inuit Nunangat (Inuvialuit, Nunavut, Nunavik et Nunatsiavut) et à Ottawa. La ville d’Ottawa est le milieu urbain au Canada où vit la plus grande population d’Inuits.

Cette nouvelle initiative constitue aussi une réponse concrète du gouvernement aux conclusions de l’Enquête nationale sur les femmes autochtones disparues et assassinées de juin 2019.

Un besoin important

D’après les statistiques fournies par SAC, les femmes inuites sont confrontées à un haut taux de violence, soit 14 fois plus élevé que les autres femmes au Canada. Faute d’un nombre suffisant de refuges, ces femmes ont souvent de la difficulté à trouver un endroit sécuritaire où se réfugier avec leurs enfants lorsqu’elles se retrouvent en situation de crise. La ville d’Iqaluit ne compte qu’un seul refuge pour les femmes et enfants qui fuient la violence familiale pour au moins une douzaine de communautés de la région du Qikiqtaaluk.

Dans une déclaration du 27 janvier, la présidente de Pauktuutit, Rebecca Kudloo, explique que « les taux élevés de violence entre partenaires intimes au Nunavut font partie du tragique héritage de la colonisation, de la relocalisation des Inuits et des effets des pensionnats. »  Ces traumatismes subis par les Inuits ont été transmis de génération à génération et continuent aujourd’hui de se manifester de façon néfaste, notamment par une consommation abusive d’alcool et de drogues et la violence domestique, décrit Mme Kudloo.

Pauktuutit fait aussi valoir que « les logements surpeuplés, les services de santé inadéquats et les lacunes du service de police et du système de justice mettent les femmes inuites et leurs enfants encore plus en danger. »

Optant pour une approche respectueuse notamment des savoirs locaux et de la sagesse des aînés, les programmes seront conçus et administrés par les Inuits, pour les femmes et enfants inuits. Pour assurer un fonctionnement stable de ces cinq nouvelles installations, le gouvernement du Canada investira aussi des fonds pour les opérations et pour la mise en place de programmes.

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Crédit : Pauktuutit Inuit Women of Canada
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Pauktuutit évalue le coût de la construction de cinq nouveaux refuges pour femmes et enfants inuits à environ 20 millions $.

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  • Date de création 25 février, 2021
  • Dernière mise à jour 25 février, 2021
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