Cinq ans plus tard, l’AFRL bien implantée dans la communauté

L’Association francophone de Red Lake (AFRL) fêtera son 5e anniversaire en 2020. Il s’agira d’une année de transition, et si tout se passe bien, de croissance pour le jeune organisme. Partie de rien, née de discussions entre quelques bénévoles motivés, l’AFRL s’enligne pour devenir un véritable catalyseur de la francophonie à Red Lake.  

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Ericka Muzzo — Initiative de journalisme local – APF – Ontario 

«C’est clair que notre présence a un impact pour les francophones de la région», estime Agathe Breton-Plouffe, agente de liaison communautaire à l’AFRL depuis août 2019.

Déménagée à Red Lake en 2010, elle-même a longtemps peiné à trouver des occasions d’y parler sa langue maternelle. «J’entendais des francophones de temps en temps, mais ça virait rapidement à l’anglais. Plusieurs ont développé de l’insécurité linguistique parce qu’ils n’ont pas la chance de pratiquer leur français», constate-t-elle encore.

Sa vision pour l’AFRL est donc de trouver de nouvelles manières de vivre en français à Red Lake, en particulier pour les familles avec de jeunes enfants. «Notre gros défi, c’est qu’à l’extérieur de l’école primaire francophone de Red Lake, les gens ne savent pas qu’on peut vivre en français. Même pour les enfants, c’est comme s’ils avaient associé qu’aussitôt que tu sors des murs de l’école, c’est en anglais», résume la Franco-Ontarienne qui est elle-même passée par là avec ses propres enfants.

Bientôt une garderie?

L’une des solutions qui pourraient tout changer serait l’implantation d’une garderie francophone à Red Lake, un projet caressé par l’Association des francophones du Nord-Ouest de l’Ontario (AFNOO). L’AFNOO a reçu en décembre 2018 des fonds pour étudier la possibilité de créer jusqu’à huit nouvelles garderies francophones sur son territoire, dont une à Red Lake.

«On est en attente de la phase 3. La phase 1 consistait à voir s’il y avait de l’intérêt, ça a bien été. La phase 2 consistait à ramasser des promesses d’inscription, et on a eu 38 répondants, même si ce n’est pas définitif! On a travaillé très fort pour ça, on a eu des tables dans les épiceries, on a parlé aux gens pour les éduquer là-dessus», relate Agathe Breton-Plouffe.

L’agente de liaison communautaire est «certaine» que l’implantation d’une première garderie francophone à Red Lake serait déterminante pour l’avenir de la langue. «Chez nous, on est une famille francophone, on parle français à la maison, mais mon plus jeune est à la garderie et y parle anglais», exemplifie-t-elle.

Projet de croissance en vue

Même si l’AFRL s’applique à proposer des activités en français pour les plus jeunes, il en faudrait plus pour garder la langue bien vivante dans la région. L’association a donc également déposé une demande de subvention de 75 000 $ à la Fondation Trillium pour un «projet de croissance» sur trois ans. La réponse devrait parvenir vers avril.

«On veut partir des projets qui ont déjà été faits et de l’évaluation qu’on a reçue par rapport à ça, et grandir à partir de là. On a vu qu’il y avait un besoin et de l’intérêt envers certaines activités, donc notre idée est de travailler avec l’école pour pousser ces activités encore plus loin. On veut venir embellir l’enseignement en français dans toutes sortes de domaines», résume Agate Breton-Plouffe.

Cela fait écho aux recommandations du rapport effectué en 2019 par le Centre de leadership et d’évaluation (CLÉ) quant au projet «Jeunes personnes prometteuses» de l’AFRL. La Fondation Trillium a accordé en 2018 une subvention de 71 000 $ pour ce programme de 12 mois qui visait à donner accès aux jeunes à des activités en français.

«Parmi les résultats à court et moyen termes, les forces sociales et émotionnelles des jeunes francophones se sont améliorées à travers la réduction de l’isolement social. [Le projet] a aussi contribué à renforcer les compétences en leadership des jeunes [et a pu les sensibiliser] à la valeur du bilinguisme en donnant envie à la quasi-totalité des jeunes de rester bilingue», peut-on lire dans le rapport du CLÉ.

Enfin, un projet de l’AFRL est toujours en cours de route : celui d’une étude visant à dresser un portrait de la communauté francophone à Red Lake, financé à hauteur de 50 000 $ par l’organisme FedNor. L’ancienne agente de liaison communautaire de l’AFRL, Michèle Alderton, estime que le projet sera conclu d’ici quelques mois.

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Des photos sont disponibles sur demande : ijlontario@gmail.com.

BP :

1) Fondatrices AFRL : De gauche à droite: Yvonne Samson, Agathe Breton-Plouffe, Kate Polle (première agente de liaison communautaire), Michèle Alderton, Sophie Castonguay, Cynthia Chamberlin et Marielle Pellerin. Manquante: Hélène Préjet. (Crédit : Site web de l’AFRL)

2) JCA : Le projet «Jeunes personnes prometteuses» à permis à une trentaine de jeunes Franco-Ontariens de participer à toutes sortes d’activités en français. (Crédit : Site web de l’AFRL)

3) Carnaval : L’AFRL était présente au Carnaval d’hiver de Red Lake 2020. Le kiosque de cabane à sucre de l’association a été très populaire! (Crédit : Facebook AFRL)

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  • Date de création 19 février, 2020
  • Dernière mise à jour 19 février, 2020
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