«Ce n’est pas fini»

Il y a toujours 22 cas de COVID-19 à l’Île-du-Prince-Édouard, mais 8 sont maintenant guéris, selon le bilan fait par Heather Morrison, lundi 6 avril.

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Laurent Rigaux

Initiative de journalisme local - APF – Atlantique

«Ça va faire bientôt un mois que l’OMS a déclaré l’état de pandémie», lance en préambule la médecin-hygiéniste en chef lors de son point quotidien. Depuis, la COVID-19 a fait environ 68 000 morts et a contaminé 1 200 000 personnes, au moins (les politiques de dépistage varient selon les pays). Au Canada, plus de 15 800 cas ont été confirmés, pour 293 décès.

A l’Î.-P.-É., 1374 tests ont été effectués, 984 sont négatifs, 368 sont en attente de résultat. La capacité de dépistage local à l’Île augmente, mais ces tests sont pour le moment réservés aux personnes à risque comme le personnel médical.

Aucun nouveau cas n’est à déplorer aujourd’hui, mais Heather Morrison appelle les Insulaires à rester vigilants. «Ce n'est pas fini, mais je pense que ce que nous faisons ici fait la différence», estime-t-elle. Si nous relâchons trop tôt l'attention, le retour à la normale prendra plus de temps.» Les autres provinces de l’Atlantique continuent, elles aussi, de voir la pandémie progresser. Il y a à ce jour 293 cas en Nouvelle-Écosse, 226 à Terre-Neuve-et-Labrador (dont 2 morts) et 103 au Nouveau-Brunswick.

La médecin-hygiéniste en chef a déclaré samedi que les mesures qui seront en vigueur pour l’après-confinement sont en train d’être élaborées au niveau fédéral avec les provinces. «Si nous levons trop rapidement les restrictions, il pourrait y avoir un rebond de l’épidémie», prévient-elle.

Le masque si l’éloignement n’est pas possible

Selon Heather Morrison, 1000 plaintes pour non-respect des consignes d’auto-isolement ont été reçues jusqu’à maintenant, 71 maisons ont été visitées par les forces de l’ordre et trois amendes ont été remises.

Alors que de nombreux pays font volte-face concernant le port du masque, même artisanal, Heather Morrison estime que «porter un masque équivaut à tousser dans son coude» et que cela ne doit pas remplacer les mesures de santé publique comme l’éloignement social ou l'auto-isolement. Elle admet toutefois que le masque peut être utile dans les endroits où se tenir à distance des autres n'est pas possible, comme dans les transports en commun.

Interrogée sur la possibilité de fermer l’aéroport, où le nombre d’avions qui atterrit est bas, avec souvent peu de passagers à bord, la médecin-hygiéniste en chef pense que cela ne ferait que dévier les arrivées vers Moncton ou Halifax. Elle rappelle qu’en vertu de la Loi sur la mise en quarantaine, toutes les personnes qui arrivent de l'étranger par avion, et qui reviennent à l'Î.-P.-É. ensuite par des vols intérieurs ou en voiture, sont signalées aux autorités provinciales par les services de l’immigration. «On les suit pendant les 14 jours de l’auto-isolement», assure-t-elle.

Marion Dowling, cheffe des soins infirmiers à Santé ÎPÉ, a annoncé quant à elle qu’une plateforme de soins virtuels sera disponible cette semaine pour les soins en santé mentale et en toxicomanie. Les cliniques toux et fièvre ainsi que les cliniques d’évaluation au volant ont accueilli 211 patients cette fin de semaine à Charlottetown et à Summerside.

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  • Date de création 6 avril, 2020
  • Dernière mise à jour 6 avril, 2020
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