Cause animale : entre prévention et action pour l'accès aux soins des animaux dans les espaces nordiques

Les soins vétérinaires sont un enjeu pour la cause animale et la santé publique dans les territoires nordiques. Confrontés à des conjonctures plus rudes à cause du climat, il est également plus difficile de pouvoir leur apporter des soins constants et adaptés. Les associations de protection animale sont un service essentiel dans les communautés, mais manquent pourtant de moyens pour faire aboutir l’ensemble de leurs actions.
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Marine Lobrieau
Initiative de journalisme local – APF – Territoires

L’organisme à but non-lucratif Iqaluit Humane Society (IHS), basé au Nunavut, a été créé en 2001 avec des missions d’accueil, de soins et d’adoption des animaux en liberté. Pour Heather Crowley, coprésidente des subventions et de la collecte de fonds au sein de la IHS, la problématique pour ces animaux réside essentiellement dans « l'accès à des soins appropriés » mais aussi dans la difficulté à réunir les fonds et le personnel nécessaires à leurs actions.

Un constat partagé par la Docteure Daphnée Veilleux-Lemieux, vétérinaire et présidente de l’organisme à but non-lucratif Chiots Nordiques qui organise, en partenariat et à la demande des communautés autochtones, des « cliniques ciblées ponctuelles » mobiles pour pallier le manque de ressources en santé animale dans les territoires nordiques.

Le frein économique

Les associations ont besoin de personnel et de financement pour assurer leurs opérations. Une réalité économique compliquée qui impacte les services liés à la cause animale, « nous n'avons aucun employé rémunéré à temps plein, car nous ne recevons aucun financement du gouvernement », explique Heather Crowley. « Nous avons quelques personnes rémunérées à temps partiel. Le reste est bénévole. Nous aimerions avoir plus de personnel, mais tout est basé sur l'argent que nous collectons. »

Même constat de la part de la Dre Veilleux-Lemieux concernant la création de cliniques spécialisées. « Le transfert de professionnels dans ce domaine est difficile, c’est partout et non limité aux vétérinaires. C’est compliqué de survivre financièrement, dur de tenir ses coûts et il faut beaucoup de personnel », explique-t-elle. « Les coûts sont exorbitants [au Nord], ce qui freine le développement de ce genre de clinique. »

Elle ajoute qu’un autre élément à considérer sont les distances : « Il y a beaucoup de communautés et certains villages n’ont pas de liaisons autres que l'avion entre-elles. Une clinique par village c’est dur ». Des difficultés logistiques et financières s’ajoutent donc à celles vécues par les animaux livrés à eux-mêmes.

Des animaux éprouvés

« Un des plus grands défis, c’est la météo », lance Heather Crowley. Avec des variations négatives fortes, les animaux sont confrontés à des problématiques rudes en matière d’évolution comparée au Sud. Mortalité élevée et engelures font partie du quotidien des animaux en liberté basés dans les territoires nordiques.

À cela se greffe d’autres paramètres. « Il y a plusieurs différences », détaille la Dre Veilleux-Lemieux. « Les animaux ont plus de chances d’être en contact avec d’autres potentiellement porteurs de la rage, ils sont ultra parasités, [...] il y a aussi des blessures causées par des voitures car ils courent après les véhicules, nos transferts d’urgence sont principalement des chiens qui sont frappés », explique-t-elle.

Un exposé qui confirme l’existence nécessaire des organisations telles que la Iqaluit Humane Society ou encore Chiots Nordiques en faveur de la protection animale pour continuer de leur procurer réconfort et soins adaptés mais également de répondre à un besoin des territoires canadiens.

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Des photos sont disponibles sur demande : ijlterritoires@apf.ca

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  • Date de création 26 mai, 2020
  • Dernière mise à jour 2 juin, 2020
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