IJL - Ouest

Après les intentions du dernier discours du Trône - Des services de garde sur le qui-vive

Lorsque le mois dernier, le gouvernement canadien a fait connaître sa volonté de réaliser « un investissement important » dans les services de garde, il n’en fallait pas plus pour faire naître les espoirs dans le monde des garderies. À travers le Canada et en particulier dans l’Ouest.

André Magny

Initiative de journalisme local – APF - Ouest

« Le gouvernement reste déterminé à subventionner les coûts des programmes avant et après les classes. Compte tenu de la façon dont cette pandémie a touché les parents et les familles, il est plus important que jamais de disposer de possibilités de garde souples pendant l’école primaire », peut-on lire dans le discours du Trône du 23 septembre dernier.

Une intention à laquelle souscrit d’emblée le directeur général du Conseil des écoles fransaskoises (CÉF), Ronald Ajavon. « Tout investissement dans la petite enfance est très important », affirme-t-il. Il faut savoir qu’en Saskatchewan, ce sont les écoles du CÉF qui accueillent principalement les petits de la prématernelle, 3 ans jusqu’à 5 ans, par l’intermédiaire des Centres d’apprentissage de la petite enfance. Ces centres s’assurent que le développement des enfants se fasse en français, de manière à bien intégrer le programme du CÉF.

Pour les 5 ans, le coût des services est subventionné à 50 % par le gouvernement saskatchewanais, mais pour les 3 et 4 ans, c’est le CÉF et les parents qui paient les frais.

En pleine période d’élections et de pandémie, M. Ajavon assure que des demandes ont été faites auprès du gouvernement pour avoir des places supplémentaires. Il souhaite évidemment que le fédéral s’assure que les francophones aient leur juste part quand l’argent sera envoyé à la province.

L’Alberta attend

« Nous avons plus de 250 enfants sur nos listes d’attente ! » Celle qui lance ainsi un cri du cœur, c’est la directrice de la garderie Pomme de reinette, située à Calgary, Isabelle Leblond. « Selon moi, il n’y a malheureusement pas assez de garderies francophones en Alberta et plus précisément pour les enfants en bas de 19 mois et même pour les 3 ans », souligne-t-elle.

En Alberta, contrairement au système anglophone, les garderies francophones ne relèvent pas d’une agence. Selon la directrice générale de la Fédération des parents francophones de l'Alberta, Mireille Péloquin, la province compte 50 programmes de garde francophones en Alberta : 41 sont logés dans les écoles francophones, 8 dans des espaces communautaires francophones et 1 dans un centre commercial privé. Ces programmes sont principalement gérés par des organismes à but non lucratif, des conseils scolaires et moins d’une dizaine sont des entreprises privées. Selon Mme Péloquin, si le gouvernement fédéral veut avoir de l’impact, ce serait d’investir dans un statut d’agence pour les garderies franco-albertaines. « Idéalement, il pourrait y en avoir une au sud et une au nord », propose-t-elle.

Pour l’heure, la pandémie fait mal aux garderies. Si les enfants ne sont pas présents, il y a évidemment moins de subventions de la part du gouvernement provincial qui rentre dans les coffres. « Nous avons perdu beaucoup d’enfants dans les programmes de services de garde scolaire », explique Mme Leblond. « Beaucoup de parents sont toujours en télétravail, donc n’ont plus besoin du service de garde scolaire. » Pour la directrice générale, les fonds promis par Ottawa aideront « à garder nos frais les plus abordables possible tout en reconnaissant la profession afin de continuer d’offrir un milieu de travail enrichissant aux employées. »

Un enjeu électoral

Pour l’autre province qui était en campagne électorale, la Colombie-Britannique, « l’enjeu des garderies demeure majeur pour les différentes plateformes politiques » s’il faut en croire Marie-Andrée Asselin de la Fédération des parents francophones de la Colombie-Britannique (FPFCB). « Les besoins sont trop grands pour ne rien faire », explique la directrice générale en faisant allusion aux différents partis en lice.

Le principal problème pour les parents franco-colombiens demeure le coût de la garderie. D’après la DG, en moyenne, les parents doivent débourser 1 200 $ par mois pour faire garder leur rejeton, en dépit de l’aide gouvernementale apportée aux parents en fonction de leur revenu. « C’est un frein pour le retour au travail », estime Marie-Andrée Asselin. Ce sont souvent les femmes qui en font les frais. La FPFCB compte bien appuyer les démarrages de nouvelles garderies. Ici aussi, il manque des places pour les petits Franco-Colombiens. Tous les ayant droits en matière linguistique ne peuvent bénéficier de places en garderie.

Si « les Canadiens ont besoin de services de garde d’enfants plus accessibles, plus abordables, plus inclusifs et de meilleure qualité », comme l’exprimait le discours du Trône, dans l’ensemble des provinces, « nous n’avons pas accès à suffisamment de places et c’est pourquoi il est important d’investir dans la création de nouvelles places en service d’apprentissage et de garde de jeunes enfants pour les francophones en milieu minoritaire », affirme le président de la Commission nationale des parents francophones, Louis Kdouh. Reste à savoir de quel ordre sera cet investissement. Car qui plus est, le manque de places pour les enfants francophones de l’Ouest pourrait être synonyme « de risque d’assimilation » comme le concluait en entrevue Ronald Ajavon.

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Bas de vignette : Pour Ronald Ajavon, le directeur général du Conseil des écoles fransaskoises, des investissements sont nécessaires dans les services de garde.

Crédit : gracieuseté du CÉF

Bas de vignette : La directrice générale de la Fédération des parents francophones de l'Alberta, Mireille Péloquin, avec sa petite-fille Sophia.

Crédit : gracieuseté de Mireille Péloquin

Bas de vignette : Isabelle Leblond dirige à Calgary la garderie Pommes de reinette.

Crédit : gracieuseté d’Isabelle Leblond

Bas de vignette : La garderie Pommes de reinette de Calgary

Crédit : gracieuseté d’Isabelle Leblond

Bas de vignette : Marie-Andrée Asselin, directrice générale de la Fédération des parents francophones de la Colombie-Britannique.

Crédit : Pascale Cyr

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  • Date de création 23 octobre, 2020
  • Dernière mise à jour 23 octobre, 2020
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