Apprendre le français comme une éponge

Cet article fait partie d’une série sur les nouveaux arrivants

Apprendre le français comme une éponge

L’intégration de nouveaux arrivants au Nouveau-Brunswick

L’année 2019 a été opulente en termes d’accueil de petits nouveaux arrivants dans la région Shédiac-Beaubassin-Est-Cap-Pelé (SEBC). À l’école Donat-Robichaud de Cap-Pelé, plus de 46 élèves nouvellement arrivés au pays se sont inscrits, dont des jeunes Philippins, Mexicains, et Jamaïcains. Pour accueillir et intégrer cette nouvelle population, la région a besoin d’une armada d’intervenants.

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Jean-Marie Nadeau

Initiative de journalisme local - APF - Atlantique

Le Centre d’accueil et d’accompagnement francophone des immigrants du Sud-Est du Nouveau-Brunswick (CAFi) en collaboration avec le District scolaire francophone Sud, joue un rôle central dans l’intégration de ces nouveaux élèves. Christine Cormier, employée du CAFi, est travailleuse d’établissement et fait le lien entre l’école et les parents immigrants. Elle a reçu une formation en management interculturel en Europe et a comme atout de pouvoir parler l’espagnol.

Comme la plupart des élèves étrangers sont arrivés pendant l’été, un camp d’été de francisation de cinq semaines a été mis en place afin d’accélérer le processus de l’apprentissage du français. « Au lieu de se contenter d’une pédagogie traditionnelle lors de ce camp d’été, on fait beaucoup appel au jeu, au divertissement, à beaucoup de pictogrammes, à la pédagogie en mouvement (dont le sport) comme méthodes d’apprentissage », de déclarer madame Cormier « et on ne parle qu’en français durant tout le camp ». Le District scolaire offre des services de tutorat pour le camp ainsi que pendant l’année scolaire pour le programme Franco Jeunes+ du CAFi.

Ce programme propose des activités parascolaires à l’image de ce qui se passe pendant le camp d’été. Les élèves se rencontrent après les heures de classe durant l’année scolaire. Pendant cette période, le programme est bonifié d’un service d’aide aux devoirs qui est nécessaire pour cette clientèle.

« La participation des jeunes Acadiens à l’intégration de leurs nouveaux petits collègues est exemplaire. On ne signale aucun cas de racisme ou d’intimidation jusqu’à maintenant », ajoute madame Cormier. « Rendus en janvier, comme les enfants sont des éponges, ils parlaient déjà tous couramment le français », se réjouit Stéphanie Tardif du CAFi.

La réalité des parents est tout autre

Pendant que les enfants s’affairent à apprendre le français et à se faire des nouveaux amis, les parents doivent composer avec la réalité du quotidien. À leur arrivée dans la région, les parents de ces élèves sont accueillis lors d’une réunion d’information qui les aide à se trouver un logement, à se doter de carte santé et d’un numéro d’assurance sociale, à apprendre à faire l’épicerie… toutes les choses à faire pour mener une vie normale au Canada. « On aiguille les parents vers les ressources communautaires et sociales », de dire Christelle Frenette, responsable du bureau satellite SBEC du CAFi.

Grâce à la collaboration du Collège communautaire du Nouveau-Brunswick (CCNB) des cours de langue française sont donnés aux parents qui le veulent dans le sous-sol de l’église Ste-Thérèse. Il y a deux sortes de cours : un cours général d’apprentissage de la langue et un autre plus ciblé visant les parents d’élèves. Ce dernier cours aide les parents à mieux accompagner leurs enfants dans leurs travaux scolaires. « Les parents apprennent très bien la langue, plus vite qu’on ne l’aurait cru » d’ajouter madame Frenette.

Comme autres mesures d’inclusion sociale, plusieurs activités communautaires ont été organisées, dont la cueillette des pommes au verger Belliveau, une visite au Pays de la Sagouine, ou encore apprendre à patiner à l’aréna. « Mais le plus spectaculaire et populaire comme activité d’intégration ce sont les Soirées autour du monde pendant lesquelles des mets sont en montre et des performances artistiques se tiennent », conclut Christelle Frenette.

Les activités suspendues temporairement

La pandémie de coronavirus a, bien entendu, affecté les activités du CAFi. Les bureaux de l’organisme sont fermés et toutes les activités sont suspendues temporairement pour faire suite aux directives provinciales mises en place pour éviter la propagation du coronavirus.

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  • Date de création 21 mars, 2020
  • Dernière mise à jour 21 mars, 2020
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