Alcool au Nunavut : Évaluer les pour et les contre

Une fermeture forcée du magasin de bière et de vin d’Iqaluit pourrait causer des conséquences importantes à la communauté, déclare l’administrateur en chef de la santé publique du Nunavut.
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Gabrielle Poulin
Initiative de journalisme local – APF – Territoires

Après la déclaration de l’état d’urgence sanitaire au Nunavut le 18 mars, s’en est suivie la fermeture de plusieurs entreprises, dont les bars et les restaurants partout à travers le territoire. Le magasin de bière et de vin d’Iqaluit, pour sa part, restera ouvert jusqu’à nouvel ordre selon les conseils du Dr Michael Patterson, administrateur en chef de la santé publique du Nunavut.

En conférence de presse, le Dr Patterson a expliqué que cet arrêt forcé de consommation d’alcool pourrait causer un engorgement de la salle d’urgence à l’Hôpital général Qikiqtani, ce qui est défavorable durant cette période importante pour le système de santé. « C’est une triste réalité qu’il y ait des personnes alcooliques qui consomment de l’alcool quotidiennement depuis de nombreuses années, déclare-t-il. Retirer soudainement l’accès à cette source entraînerait une augmentation du sevrage alcoolique, qui en soi peut être mortel ».

Pour assurer la sécurité de ses clients, le magasin de bière et de vin d’Iqaluit a été l’une des premières entreprises à implémenter des règles sévères de distanciation sociale. Le Dr Patterson affirme que ces mesures font en sorte qu’il y ait un risque plus bas de transmettre le coronavirus à l’intérieur du magasin.

« En ce moment, puisqu’il n’y a aucun cas confirmé de la COVID-19 sur le territoire, et surtout à Iqaluit, l’avantage de fermer ce magasin est contrebalancé par les conséquences indéniables [que causerait cette fermeture] », précise-t-il. Maintenir l’ouverture du magasin rend également la contrebande d’alcool moins rentable à un moment où de nombreuses personnes manquent d’argent en raison de congédiements liés à la pandémie, conclut l’administrateur en chef.

Des options aux groupes de rétablissement

Rester obligatoirement à la maison avec des membres de la famille qui consomment peut être très difficile pour les alcooliques et les toxicomanes en rémission, explique Katherine Martin, organisatrice d’un groupe de rétablissement Narcotiques Anonymes à Iqaluit. Puisque les rassemblements sont maintenant interdits au Nunavut, il est impossible de se rencontrer en personne pour les réunions régulières de Narcotiques Anonymes. Heureusement, il y a des ressources qui peuvent aider durant cette période difficile.

Selon Katherine Martin, l’option la plus simple demeure les rencontres virtuelles par l’entremise de la plateforme Zoom. L’organisatrice informe d’ailleurs qu’elle compte publier toutes les informations nécessaires sur la page Facebook Iqaluit Public Service Announcements. Pour ceux qui n’ont pas les moyens d’assister aux rencontres virtuelles, il y a plusieurs ressources de lecture en ligne. Généralement, une discussion téléphonique avec un membre du groupe est la meilleure option, explique-t-elle, en se disant disponible pour discuter n’importe quand. Elle conclut en déclarant que toute personne souffrant d’une dépendance quelconque, pas seulement aux drogues ou à l’alcool, peut faire partie du groupe Narcotiques Anonymes.

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Des photos sont disponibles sur demande : ijlterritoires@apf.ca

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  • Date de création 1 avril, 2020
  • Dernière mise à jour 1 avril, 2020
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