Ainés franco-torontois en bulle contrôlée

La hausse des cas de COVID-19 démontre que l’Ontario vit une seconde vague. Le Grand Toronto est particulièrement touché. La seule résidence pour personnes aînées francophones dans la Ville Reine a dû se mettre résolument à l’heure des activités virtuelles.

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Paul-François Sylvestre — Initiative de journalisme local – APF – Ontario

Place Saint-Laurent, qui renferme 135 logements, est administrée par les Centres d’Accueil Héritage (CAH). Selon la directrice générale Barbara Ceccarelli, «il semble que nous devrons faire quelques pas en arrière à l’approche de l’hiver. Nous avons heureusement appris à utiliser les plateformes virtuelles et les nouvelles technologies.»

Rester connecté chez soi

Bien que les principaux évènements d’engagement communautaire et de collecte de fonds aient été suspendus cette année, exposant les CAH à un manque à gagner potentiellement critique, il a été possible de tenir une campagne réduite de financement et d’amasser la somme d’argent nécessaire «afin d’assurer que nos clients aient accès à une technologie adaptée et abordable pour rester connectés chez eux», note la directrice générale.

Les CAH ont été en mesure d’offrir une formation et un encadrement sur mesure au personnel, aux résidents de la Place Saint-Laurent et aux clients dans la communauté.

Selon Barbara Ceccarelli, «cela nous a permis de renforcer la confiance de chacun en vue d’apprendre et d’échanger dans un nouvel environnement sécuritaire».

La résidente Thérèse Vachon, 70 ans, apprécie que les CAH proposent des activités virtuelles, mais souligne que peu de gens sont initiés à ce moyen de rencontre : «Ce n’est pas comme échanger en personne! Et ce n’est pas non plus parce que les nouvelles technologies existent qu’on y adhère ; après tout, on fait le choix de s’abonner ou non aux différents médias [sociaux].»

Mise en forme, pause-café et yoga virtuels

En temps normal, le programme Centre de vie active (CVA) organise entre autres des pauses café thématiques, des séances d’exercice, des repas communautaires et des célébrations de fêtes comme l’Action de grâce.

Avec l’arrêt drastique des activités, il a fallu se tourner principalement vers la plateforme Zoom pour permettre aux clients habituels de rester actifs et engagés.

Le calendrier Zoom d’octobre indique maintenant qu’il y a mise en forme les lundis et jeudis, pause-café les mardis et yoga les mercredis, le tout en virtuel.

Les seules activités en personne sont la messe du mercredi, avec un nombre de places limité, l’emprunt de livres à la bibliothèque les lundis pendant deux heures seulement et, bien entendu, les rendez-vous chez la coiffeuse (une personne à la fois dans le petit salon).

Puisque les salles de rencontre sont fermées, le Club de lecture a dû suspendre ses activités qui se tenaient à l’extérieur durant l’été. Thérèse Vachon en est la coordonnatrice et se demande s’il faudra se tourner vers des échanges virtuels.

«D’abord, il faudrait que chaque membre ait un ordinateur avec micro et caméra ou un portable intelligent et ait l’initiative d’apprendre à se servir des plateformes virtuelles comme Zoom. Ce n’est pas évident pour tous ; même faire fonctionner leur boîte de raccordement au câble de la télévision est un défi pour certains résidents.»

Wifi et contrôle

Le résident Richard Genest trouve que «les CAH sont des control freak ; ils ont l’obsession de tout contrôler. Ils ont verrouillé les portes d’accès sur le côté et à l’arrière de l’édifice pour forcer tout le monde à passer devant la sécurité et un membre du personnel qui vous pose des questions. Nous sommes quand même tous des adultes.»

La direction a décidé d’offrir le Wifi gratuitement, mais exige que toute personne intéressée signe un document où il est stipulé, entre autres, que les CAH ne sont pas responsables si quelqu’un attrape un virus. «Cela est bien normal, remarque Richard Genest, mais il est aussi précisé que toute activité via le Wifi sera connue des CAH. De quel droit veulent-ils connaître les sites consultés par les résidents? C’est une intrusion dans notre vie privée», s’insurge-t-il.

La saison froide et la seconde vague mettent la socialisation sur la tablette à la Place Saint-Laurent.

Lors de l’Action de grâce, le repas traditionnel a été livré à la porte dans un sac décoré pour l’occasion. Si l’effort a été apprécié, le plaisir de manger seul dans son appartement ne peut égaler celui d’un repas à plusieurs, mais il semble qu’il faudra être patient à cet égard.

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BP :

  • IJLO_Aînés franco-torontois_Thérèse Vachon_Cr. Courtoisie : Thérèse Vachon : «Ce n’est pas parce que les nouvelles technologies existent qu’on y adhère après tout, on fait le choix de s’abonner ou non aux différents médias [sociaux].» (Crédit : Courtoisie)
  • IJLO_Aînés franco-torontois_Richard Genest_Cr. Courtoisie : Richard Genest : «Les CAH sont des control freak, ils ont l’obsession de tout contrôler.» (Crédit : Courtoisie)
  • IJLO_Aînés franco-torontois_Place Saint-Laurent_Cr. Courtoisie : Place Saint-Laurent renferme 135 logements et est administrée par les Centres d’Accueil Héritage. (Crédit : Courtoisie)
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  • Date de création 16 octobre, 2020
  • Dernière mise à jour 16 octobre, 2020
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