Actions Femmes aide les femmes insulaires à se retrouver, en vrai

L’organisme communautaire Actions Femmes ÎPÉ (AFIPE) a reçu 25 000 $ du gouvernement provincial pour un «projet de retrouvailles». Éloignées les unes des autres et isolées, les femmes de l’Île doivent se reconnecter grâce à cette initiative.

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Laurent Rigaux

Initiative de journalisme local – APF – Atlantique

Actions Femmes Î.-P.-É. est l’un des huit organismes à avoir reçu cette année une subvention du Secrétariat interministériel aux affaires féminines de l’Île-du-Prince-Édouard. Les 25 000 dollars doivent permettre de mener à bien un «projet de retrouvailles conçu pour les femmes acadiennes et francophones», selon le communiqué de presse.

«Le nom du projet, c’est plutôt “reconnexion sociale”. C’est en réponse à la pandémie et à la distanciation sociale», explique Johanna Venturini, directrice générale de l’AFIPE. Suite à plusieurs sondages et au forum ouvert organisé à l’automne (lire La Voix acadienne du 7 octobre 2020), lutter contre l’isolement des femmes de la province est devenu une priorité pour l’organisme communautaire.

Des cercles de femmes dans les régions

«Ce n’est pas un thème qui ressortait autant avant la pandémie», poursuit Johanna Venturini. Selon elle, cet isolement concerne aussi bien les jeunes que les aînées, les urbaines que les rurales : «Ça peut être la peur de sortir pour les plus âgées, l’isolement pour les immigrantes qui arrivent et qui ne connaissent personne. Avec le virtuel, on perd le lien social.»

AFIPE a donc décidé de proposer la création de cercles de femmes, dans toute la province, pour «relier les femmes entre elles, les connecter avec Actions Femmes, mais aussi connecter les Acadiennes et les nouvelles arrivantes», détaille Maryne Floch, coordinatrice de projets pour AFIPE. «C’est du “community care”, ajoute Johanna Venturini. Il s’agit de créer un espace d’écoute, un lieu avec des ressources.» Le Réseau Santé en français est également partenaire de l’initiative.

Ces cercles, idéalement au moins un par région, seront composés d’une douzaine de femmes qui pourront discuter entre elles des problèmes qui les touchent. Les thématiques ne seront pas imposées à l’avance, mais viendront du terrain. Johanna Venturini insiste sur le caractère «semi-autonome» des groupes, et sur «la flexibilité» du projet, qui est «un test».

Des webinaires provinciaux, et pourquoi pas des retraites

L’organisme sera chargé de coordonner la mise sur pied des cercles, et de fournir des ressources selon les thématiques propres à chacun d’entre eux (intervenants, experts, etc..).

Pour réunir tous ces groupes décentralisés, AFIPE organisera aussi des webinaires, virtuels cette fois-ci, afin de respecter les restrictions sanitaires en vigueur. «Et quand on le pourra, on aimerait faire des retraites, avec tous les cercles», s’enthousiasment Johanna Venturini et Maryne Floch.

Le projet, qui doit durer 18 mois, est le premier de cette envergure depuis début 2020, voire même depuis que l’organisme a engagé sa restructuration. Il doit permettre d’augmenter le nombre de membres, et d’accroître leur engagement. Le premier des cercles de femmes sera lancé vendredi 19 mars à Rollo-Bay.

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PHOTOS : (incluant titre de la photo, légende et crédit du photographe ou courtoisie)

Johanna Venturini, directrice générale d’Actions Femmes Î.-P.-É. (à gauche) et Maryne Floch, coordinatrice de projets. (Laurent Rigaux)

 

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  • Date de création 12 mars, 2021
  • Dernière mise à jour 12 mars, 2021
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