À l’Île-du-Prince-Édouard, des arbres de Noël à la rescousse des dunes

Le parc national de l’Î.-P.-É. recycle les arbres de Noël pour renforcer les zones côtières endommagées. Les résultats sont étonnants et permettent de reconstruire les dunes, premières barrières en cas de tempête.

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Laurent Rigaux

Initiative de journalisme local – APF – Atlantique

«Nous le faisons depuis environ 20 ans», explique Brad Romaniuk, responsable de la conservation des ressources au parc national. Chaque année, les arbres de Noël sont collectés par la Island Waste Management Corporation. Une partie devient du compost, une centaine environ sont donnés au parc.

«Notre tâche est de maintenir l’intégrité écologique du parc», souligne Brad Romaniuk. Chaque été, les zones devant être restaurées sont identifiées. Des piquets en métal sont plantés dans le sol et l’hiver, les arbres sont simplement déposés au même endroit, attachés aux piquets. Ils permettent ainsi de retenir le sable, puis à l’herbe de repousser et de former un système racinaire suffisamment robuste pour renforcer la dune.

Une méthode efficace et rentable

«Les arbres se décomposent au fil du temps», poursuit le responsable. À Cavendish, ils ne sont déjà presque plus visibles au bout de deux ans, enfouis sous le sable. Restaurer entièrement une zone et lui redonner son intégrité écologique peut prendre jusqu’à cinq à dix ans.

Cette technique a été mise en place à la suite à des expérimentations similaires, réalisées avec des coupes d’arbres du parc. «Puisque les arbres se sont avérés efficaces, on a eu l’idée d'utiliser des arbres de Noël abandonnés pour aider aux travaux de restauration», souligne Brad Romaniuk.

Il existe d’autres méthodes, impliquant l’utilisation de membranes ou de ciment, mais «aucune n’est aussi naturelle, efficace et rentable», ajoute-t-il. Le parc a partagé sa méthode avec la province et reçoit même des appels de propriétaires privés confrontés aux mêmes défis.

Des dunes essentielles contre les tempêtes

Les zones côtières de l’Île sont essentielles, non seulement pour l’environnement, la faune ou la flore, mais aussi pour les habitants, rappelle le responsable. «Pendant les tempêtes, ce sont nos premières lignes de défense, pour absorber l’énergie des vagues. Plus intègres elles sont, plus elles permettent de garder les ouragans au loin.»

Brad Romaniuk estime que la prise de conscience s’est améliorée ces dernières années, même si certains continuent de marcher en dehors des sentiers, ce qui abîme les dunes. La zone de Cavendish, à l’ouest du parc national, nécessite «encore un peu d’attention», et quatre à cinq zones supplémentaires sont actuellement surveillées : «Si les gens ne changent pas leur attitude, on va devoir intervenir.»

L’érosion des dunes et du littoral n’est qu’un problème parmi d’autres pour le parc national de l’Î.-P.-É. Le changement climatique apporte son lot de défis, avec notamment les espèces invasives, «la plus grande menace écologique dans le monde», selon l’employé de Parcs Canada, qui cite le crabe vert ou l’herbe à ail.

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PHOTOS : (incluant titre de la photo, légende et crédit du photographe ou courtoisie)

1 - À Cavendish, une zone avant restauration. Les arbres de Noël sont disposés en rangées et fixés à l’aide de piquet en métal. (courtoisie Parcs Canada)

2 - À Cavendish, la même zone après deux ans. Les sapins sont enfouis sous le sable, la dune s’est reconstruite et l’herbe a commencé à repousser. (courtoisie Parcs Canada)

3 - Brad Romaniuk est responsable de la conservation des ressources au parc national de l’Île-du-Prince-Édouard. (courtoisie Parcs Canada)

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  • Date de création 1 février, 2021
  • Dernière mise à jour 1 février, 2021
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