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2e Salon du livre de Vancouver : se réinventer

Si l’ivresse de la jeunesse est plus forte que l’ivresse du vin, le jeune Salon du livre de Vancouver vient de démontrer, les 24 et 27 juin derniers, qu’il a su donner à boire à tous ceux et celles assoiffés de littérature francophone en Colombie-Britannique, et ce, même dans des coupes virtuelles !

André Magny

Initiative de journalisme local – APF - Ouest

« À travers la pandémie, on peut se réinventer. C’est le mot à la mode, mais c’est vrai ! », lance à l’autre bout du fil la voix pétillante de  la coordonnatrice du Salon, Alexandra Bolduc.

Devant l’incertitude de la situation, en avril dernier, les cinq membres du comité, dont fait partie Alexandra, ont privilégié la formule virtuelle estivale plutôt que le report de l’événement à l’automne. Après certains conseils pris notamment auprès du Salon du livre de Sudbury, qui a connu la même situation, le comité et Alexandra ont planché sur une programmation adaptée à Facebook.

C’est vrai que certaines activités ont dû être annulées, comme une matinée jeunesse,  mais selon celle qui a pris la relève de l’autrice Lyne Gareau, instigatrice l’an dernier de la première édition du Salon du livre, « les gens sont au rendez-vous. On est heureux de le faire. Tout se passe bien », disait-elle après la première journée.

Elle était aussi soulagée de voir que les partenaires du Salon, comme le Conseil des arts du Canada et le Regroupement des éditeurs franco-canadiens (REFC), les avaient soutenus dans leur démarche virtuelle. Celui-ci a d’ailleurs profité de la forme virtuelle pour proposer des capsules sur certains auteurs. Des ateliers ont été programmés, comme celui sur l’écriture avec l’auteur franco-ontarien Éric Charlebois.

24 heures plus tard

Au lendemain de la clôture du Salon, Alexandra Bolduc avait aussi un discours positif tout en se questionnant sur la forme que pourrait prendre le prochain. « Pour le moment, nous y réfléchissons, car toute cette pandémie amène son lot de réajustements et d'incertitudes, a-t-elle affirmé.  Nous envisageons très certainement une prochaine édition, vu les échos positifs que nous avons reçus à la suite de ces deux dernières années. Les gens ont envie de ce genre de rassemblement autour de la littérature et du livre, tout particulièrement ici dans l'ouest francophone, puisque ce genre d'événement n'existait pas sous cette forme avant Vancouver.»

De son côté, Lyne Gareau trouve que le virtuel a du bon. Certes, ça ne remplace pas le contact direct avec ses lecteurs ni les séances de signature, mais ça permet parfois, comme pour l’atelier sur l’écriture, d’aller chercher du monde hors des frontières, en faisant référence à une participante d’Haïti pendant l’atelier d’Éric Charlebois. Elle-même, qui a lancé son dernier ouvrage Le chat Janus aux Éditions du Blé en avril dernier par vidéoconférence, y a trouvé des avantages. « J’avais invité moins de gens, mais plus de ceux que j’aime qui ont pu être là, contrairement à d’habitude, raconte-t-elle. Je dois l’avouer, ce fut mon lancement préféré. » Le virtuel lui permet même d’espérer une séance de formation professionnelle pour les auteurs, le 11 juillet prochain. Initialement prévue pour le Salon, si celui-ci avait eu lieu en avril, la rencontre devrait permettre de discuter notamment de la création d’une association ou d’un regroupement d’auteurs et d’autrices francophones en Colombie-Britannique, voire dans l’Ouest canadien.

Du côté des participants

Autrice jeunesse, Danielle S. Marcotte a eu le plaisir d’assister à l’atelier d’Éric Charlebois, Vous avez toujours voulu écrire ?, tout comme une quinzaine de personnes avec elle. Très satisfaite du contenu de l’atelier, elle considère tout de même qu’il y a plus de liberté en présentiel comparativement au virtuel. « On fait attention pour éviter de couper les gens, afin d’entendre la fin de leurs phrases », dit-elle. Cependant, le virtuel permet une participation plus large de personnes qui, géographiquement, ne se serait pas déplacées jusqu’à Vancouver « même quand on habite en banlieue », en raison du coût élevé des traversiers, par exemple. « Ça devient plus démocratique », selon Mme Marcotte. Et d’ajouter à l’endroit des dirigeants du Salon à propos de la programmation de cet atelier : « C’est un cadeau de perfectionnement qu’on nous a fait ! »

De quoi alimenter la réflexion des dirigeants du Salon du livre de Vancouver. « Nous souhaiterions, bien sûr, garder le but premier de ce genre de Salon qui est de rassembler autour du livre et de la littérature, les auteurs et le public », avoue Alexandra Bolduc. Pourrait-on envisager une formule hybride ? « Seul l'avenir nous le dira, mais nous allons nous adapter aux circonstances, comme nous venons de le faire », répond-elle. Et d’enchaîner avec un sourire dans la voix en rappelant quelques mots d’Éric Charlebois en les appliquant au Salon : « Il faut aller vers une quête de beauté et non de perfection » et essayer de tirer le meilleur et s'adapter à toute éventualité afin de garder la littérature vivante et ce qu'elle procure comme belles rencontres et possibilités. »

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Bas de vignette :  L’équipe derrière le Salon. En ordre, de gauche à droite: Lyne Gareau, Léa Tricoire, Jean-Francois Packwood, Alexandra Bolduc et Louis Anctil.

Crédit : Zora Bouchard

Bas de vignette : Danielle S. Marcotte, autrice jeunesse, a signé une bonne dizaine d’ouvrages jeunesse en français et en anglais dont Noé et Grand-Ours aux Éditions des Plaines.

Crédit : Stéphanie Bourgeois

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  • Date de création 30 juin, 2020
  • Dernière mise à jour 30 juin, 2020
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